Bonjour à vous,
Les rizières inondées
On vous a laissé à Chau Doc, où nous sommes restés encore un peu, tout au nord du delta, près de la frontière cambodgienne. Le temps de faire une balade en mobylette vers le – petit – mont Sam et de voir la plaine inondée par la saison des pluies. Lorsque l’eau se retirera, les vietnamiens pourront planter du riz ; il y aurait trois récoltes par an, ici, le riz pousse en trois mois.
Ensuite, nous avons longé la frontière cambodgienne vers l’ouest jusqu’à la mer, à Ha Tien. La région est plus campagnarde, avec beaucoup de rizières et des buffles d’eau, des bateaux de pêche en haute mer et des bassins pour élever les crevettes. Le mauvais temps nous a permis d’admirer le vent dans les cocotiers.
Les rizières de Ha Tien
Les buffles d’eau
Nous avons également rencontré Marie Rose ; ses parents lui ont donné un prénom français pour qu’elle puisse étudier à l’école française. Les professeurs devaient pouvoir appeler facilement leurs élèves par leurs prénoms… une autre époque. Elle nous a appris que les vietnamiens nous appellent des « Tay » – des occidentaux- avec deux catégories possibles : les « Tay Va Li », équipés d’une valise, et les « Tay Ba Lo » avec un ballot, c’est-à -dire nous…
Notre second bateau
Les bateliers
En cuisine
De là nous avons rejoint une ville plus grande où nous nous sommes mis en quête d’un bateau pour rejoindre l’extrême sud du delta. Nous avons trouvé des bateliers qui partaient le soir pour rejoindre Ca Mau au petit matin ; un couple et trois jeunes gens. Nous passerions la nuit dans des hamacs, le chargement était des grands paniers d’Å“ufs, le bateau était assez grand et loin d’être plein. Le voyage a commencé paisiblement, nous avons dîné avec eux – des omelettes, parce que des oeufs, on n’en manquait pas-, le soir descendait sur le Mékong et nous tâchions d’échanger des anecdotes avec le livre de conversation « le Vietnamien de poche ».
C’est sur les coups de neuf heures que les choses se sont gâtées, au moment où une quinzaine de jeunes vietnamiens ont embarqués avec nous, dont une bonne partie passablement éméchée. Nous avons aussi embarqué une mamie avec des canards et un gars avec des serpents vivants. Le patron a entrepris d’installer une quinzaine de hamacs dans le bateau pour tout ce beau monde et un vietnamien complètement bourré et assez virulent a piqué le hamac de Christophe qu’il trouvait à son goût. L’ambiance avait complètement chuté.
Néanmoins nous avons rencontré un jeune homme bien sympathique qui s’est appliqué à lire l’intégralité du livre de conversation – les deux phrases les plus appréciées de ce manuel sont « Buvez, s’il-vous-plaît! » et « Vous êtes-vous égarés? » -.
Quand il est parti prendre son tour pour conduire le bateau nous nous sommes retrouvés avec des vietnamiens ivres – ils continuaient à boire dans le bateau. Ils ont rigolé un moment en agitant le sac de canards pour les faire cancaner et nous avons jugé bon d’aller nous coucher dans nos nouveaux hamacs, installés un peu à l’écart des compagnons les plus festifs.
Vers 3 heures du matin nous avons eu l’heureuse surprise de constater que les gars opéraient « un changement », donc ils sont partis sur un autre bateau accosté là , on ne sait pas trop pour aller où, il faisait nuit et c’était assez mystérieux mais on était content. On a vu un type partir en titubant avec son jerrycan de serpents vivants et les gars ont marché sur le sac de canards de la mamie qui a protesté mais ça les a fait rigoler.
Nous nous sommes rendormis deux heures dans le bateau déserté, pour être débarqués quelque part à Ca Mau sur les coups de cinq heures du matin et sous la pluie mais il faut savoir ce qu’on veut…
Jeune batelier
Le soir dans le delta
La mangrove
Le principal attrait de Ca Mau est la mangrove : une immense zone de forêt poussée sur l’eau saumâtre, entre le fleuve et la mer. Les racines de certains arbres dépassent au-dessus du niveau de l’eau et pour le reste il y a beaucoup de palmiers d’eau dont les feuilles séchée sont utilisées pour faire les toits des maisons. Les révolutionnaires communistes se cachaient là pendant la guerre du Viet Nam, sous le feuillages très épais, inaccessibles, tant par voiture qu’en bateau. Ca devait être horrible, d’autant que la mangrove est réputée pour la férocité de ses moustiques. C’est aussi un milieu très propice pour la pêche à la crevette.
Nous avons ensuite rejoint Saïgon (en car, sans hésiter) où les vietnamiens du quartiers essaient désespérément de nous refourguer… des hamacs…
Hier, nous avons fêté les 31 ans de Christophe, le Tay Ba Lo du coin, avec une bonne bouteille – la première depuis des mois… Nous sommes aussi en voyage depuis six mois, soit la moitié de notre voyage : un demi-tour, en quelque sorte.
Et pour la suite, nous prenons l’avion demain, après six mois par voie de terre, de l’Ouzbékistan jusqu’au sud du Viet Nam. Elles sont bien loin les mosquées de Samarcande, maintenant…
Des bises,
Et voilà , c’est fait : Christophe est sur son 31.
Et çà doit bien lui aller.
On met une bonne bouteille de côté, une que tu aimes bien.
Bises à tous les deux
Alain et Gégé
Hello les jeunes,
Vos photos sont superbes, votre récit toujours aussi entraînant.
6 mois, 6 mois déjà , 6 mois seulement ! Car comme aurait dit Françoise Hardy, « c’est long et c’est court, ça dure toujours… on s’en souvient ».
Une grosse bise, et attention à la « claque » hong-kongaise…
Marie-Hélène
Coucou vous deux!!
Ca y est je suis de nouveau à jour!! J’ai vu tous vos billets.
Bon anniversaire Christophe avec un peu de retard …
Continuez à nous faire rêver!! Votre récit et vos photos sont magnifiques.
Bisous à tous les deux.
a+
Vafan
De retour de Prague J’offre à Christophe pour ses 31 ans un gâteau littéraire …..une tarte aux abricots et aux amandes grillées, des gâteaux au fromage blanc,à la cannelle ou au rhum,un roulé à la crème de pruneaux ou un soufflé à la liqueur, lorsqu’il croquait une noix confite dans du miel ou un fondant aux écorces d’orange givré de sucre roux, sa délectation n’était pas seulement olfactive et gustative, elle s’irradiait de son nez et de ses papilles à tout son être. Il lui semblait alors que c’était…… A chacun ses impressions . Le texte est de Sylvie Germain qui vit à Prague. Bon anniversaire et bon vent pour la suite du voyage. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir une chroniqueuse à ses côtés qui , en plus, vous prend en photo sous le meilleur angle. Grosses bises Cat H
Partis le 01 avril 2009
Revenus le 26 mars 2010
359 jours de voyage (+1 de décalage horaire)