Bonjour à tous,
Nous avons rejoint Salvador de Bahia, qui fut pendant deux siècles la capitale du Brésil aux belles heures de la canne à sucre, alors la seule richesse de la colonie portugaise à l’époque. Des millions d’esclaves furent vendus ici pour travailler aux plantations, pour la prospérité de l’ancien comptoir de cahutes qui est devenu la ville splendide de Salvador, avec ses églises remplies d’or. Aujourd’hui, c’est la grande cité africaine du Brésil, emblématique de ce pays métissé.
Le quartier historique de Salvador est la ville haute, ou quartier du Pelourinho, des églises et des maisons coloniales. Les bâtiments ont été rénovés sur le thème « Patrimoine mondial de l’humanité », avec des pousadas, des restos, des boutiques à souvenirs et, comme partout au Brésil, plein de manouches qui vendent de la pacotille (on ne doute plus qu’ils aient inventé le bracelet brésilien, même s’ils vendent plutôt des bracelets ou des colliers joliment tournés, en métal, avec des plumes ou des perles – les bracelets brésiliens, c’est bon pour les manouches de Bolivie qui naviguent sur le Mamoré).
A Salvador, le jour de fête, c’est le mardi (mais, pourquoi pas?) ; concert gratuit un peu partout dans la ville, sur les marches de l’église, groupes de tambour dans les rues, samba sur la place, skol et caïpirinhas un peu partout. Et aussi, démonstration de Capoiera, une des spécialités locales, mais là , il nous semble qu’il faudrait quand même se déchirer un petit peu plus, parce que sinon, les chinois vont se mettre à faire pareil mais deux fois plus vite. Pendant la journée, dans cette ville qui est aussi pieuse, voire dévote et superstitieuse, on peut visiter des églises somptueuses et faire des voeux à notre Seigneur Jésus de Bonfim (pour un $R, c’était l’occasion d’obtenir le Brennus mais Christophe n’a pas voulu transiger).
Depuis les quais de la ville basse, on peut prendre l’ « elevador » pour rejoindre le Pelourinho ; à l’intérieur, ce sont plusieurs ascenseurs « OTIS » -donc, en panne de temps en temps -.

Dans les rues de Bahia

L'elevdor de Bahia

La ville haute de Bahia
Salvador de Bahia – en fait, ici, on dit « Bahia » – a aussi un grand marché où l’on peut acheter des fruits, du manioc et des citrouilles pour pas cher, voire boire une bière ou manger des brochettes, ou encore profiter du caractère chaleureux des brésilien ; toujours souriants, accueillants, calmes, et c’est vrai qu’ils sont vraiment charmants et que c’est un bonheur de voyager au Brésil.





Sur la plage d'Itaprica
Enfin, Bahia marque l’entrée de la Baie de Tout les Saints, où se trouvent des îles. Nous avons été nous promener sur l’île d’Itaparica, un jour que la plage nous manquait ; à une heure de ferry, l’île vit à un rythme tranquille. Et c’est un peu toujours le même Brésil : des villages au bord de la plage où se sont implantées quelques pousadas pour les citadins en week-end, et puis des « barraca » au bord de l’eau où manger un poisson ou des crevettes. Toujours le même décor, le même menu, un peu la même ambiance, la mer très chaude, le soleil très fort, des chaises en plastique et des parasols, pas grand monde, « tranquil ». Mais avec Bahia au fond.

Zumbi des Palmiers
Et puis, comme nous ne vous cachons rien, nous avons vu ici une pauvreté que nous n’avions vu nulle part ailleurs ; beaucoup, beaucoup de mendiants drogués au crack, très maigres et affaiblis, y compris des femmes et des jeunes voire des très jeunes, qui dorment au milieu du trottoir, à l’endroit même où ils ont du s’effondrer. Des femmes enceintes également, certains par ici naissent avec peu de chances de s’en sortir.
Malgré tout ou pour cela, on vous présente « Zumbi des palmiers », grand résistant, insurgé, mort au combat, luttant avec ses hommes tout à la fois contre l’esclavagisme et le colonialisme portugais (1695), le héros des afro-brésilien.
Et puis, comme la randonnée nous manquait, nous avons rejoint « Chapada Diamantina », à l’intérieur des terres. Lorsque des diamants ont été trouvés là , les brésiliens sont accourus pour faire fortune, dressant des tentes, des toiles de tentes, enfin, disons, des draps jusqu’à construire un campement qui est devenu la ville de « Lençois » (ceux qui nous lisent sérieusement se souviennent que ça veut dire les draps). Lençois a eu son heure de gloire grâce à l’argent des diamants, c’est donc une jolie ville coloniale. Mais surtout, juste à côté, il y a des paysages magnifiques et des sentiers. Nous avions prévus un petit trajet qui nous paraissait honnête, avec à peu près 20 à 25 kilomètres par jour. Avant de partir, nous avons rencontré un français, un grand voyageur devenu une moitié de brésilien, qui nous a dit que, vu l’itinéraire qu’on avait prévu, il allait falloir « envoyer du paté ».
Bon, bah, là , faut reconnaître qu’il n’avait pas tort. Ils étaient durs, ces kilomètres, mais vraiment durs – on s’est même demandé si on ne nous avait pas refilé une carte en miles -.
Déjà , nous sommes partis tard le premier jour, parce qu’on était tributaire des horaires du bus qui nous emmenait au point de départ. Ensuite, un relief pas possible, une montée dans les cailloux, paysage désertique, cactus. Ensuite, descente dans une vallée tropicale. Puis montagnes russes pendant que le soleil baisse et qu’on finit par douter de pouvoir atteindre un hypothétique gite avant la nuit (option « tente chinoise » en perspective). Et puis, dans la forêt, impossible de distinguer les maisons au loin. Juste comme le soir finissait de tomber, on distingue une maison, c’était bien un gite, Jailson nous attendait, le soulagement.

Soir d'orage sur la Vale do Paty

Jailson et sa famille
Il y a onze maisons dans la vallée, très dispersées. Auparavant, ils vivaient nombreux de la culture du café mais tout le monde est parti, ils était plus de mille et ils sont quarante aujourd’hui. Les habitants vivent tout seuls, assez sommairement et très isolés puisqu’il n’y a aucune route, ils font un peu d’agriculture, et puis ils attendent les randonneurs. Et, ma foi, Jailson avait l’air assez content de nous voir arriver. Comme on arrivait sans guide, à la nuit, tout sales et crevés, il a dit « Vous êtes français, non? » Il était très gentil ainsi que sa femme, il nous a dit que la solitude ne lui pesait pas trop, avec les touristes qui passent.
Ensuite on a demandé le petit déjeuner à huit heure et il nous a dit que sept heures, ça lui paraissait plus raisonnable. Il n’avait pas tort.
On est reparti et ça a été une dure journée de marche, avec des kilomètres difficiles à arracher. On a mis pas moins de quatre heures à sortir de la vallée, puis on a été récompensé, en atteignant la crête, par un magnifique paysage : la vallée de Paty et ses quelques maisons, l’ivresse des grands espaces, une dernière fois.

Christophe sur la ligne de crête

Palmeiras, village de Chapada Diamantina
Bref, Christophe était tout frais, il a fait la journée en tong sans forcer, tout pimpant. Moi, j’ai fini complètement lessivée, avec les pieds démolis et j’ai jeté mes chaussures de marche, elles sont finies. Christophe a du aller m’acheter des tongs à l’épicerie.
On a mis de nouvelles photos en ligne (Bolivie et le Brésil jusqu’à Mangue Seco): vous pouvez les voir en allant sur l’onglet « Photos ».
Quel plaisir de regarder vos photos … du boulot!
Je vais en venir a regretter de ne pas etre allee au Bresil l an dernier! Vos photos sont incroyables et avec l atmosphere samba, ca doit etre vraiment super! Profitez bien de vos derniers moments de vacances, ce sera tres vite un bon souvenir!
De notre cote, on est revenu au train train du boulot que l on avait oublie mais 10 fois plus heureux et motives apres notre petit tour… j espere que ce sera pareil pour vous!
Bises, Pauline de Kashgar
Christophe, tu as eu raison de ne pas perdre 1 dollar, le Brennus c’est quasiment fait. On prépare déjà la Place de Jaude. Comme chaque année…..
Et ainsi tu as pu acheter une paire de tongs à Mathilde.
Bisous à tous les deux.
C’est que dans le fond, ça lui plaît bien à Christophe que Clermont soit Poulidor du rugby!
Quel dommage! il ne fallait pas jeter ces chaussures de marche devenues sans doute des oeuvres d’ art . L’histoire ne dit pas si Mathilde a fait le retour en tongs. Le soir qui tombe dans la forêt, pas de maison en vue, vous étiez dans de beaux draps !!! Je pense que Jojo mérite une petite correction. C’est pour bientôt…. Cat h
Votre périple tirant vers la fin, un grand merci pour la tenue de ce blog. Pour ce voyage virtuel. Pour vos descriptions et vos photos.
Sachez également que tous ceux qui écrivent ici « (vous) lisent sérieusement ». Sauf p’tet ben le normand, ou p’tet ben que non …
Bon retour, sans sable bien entendu.
Et encore qques posts avant de rentrer
« Pour qui sonne le glas « ? Bravo Phil Rop c’est le grain de sable qu’on n’attendait pas !!!! cat h
tu sais ce que dit le normand au breton…
Sinon, faire un treck en tongs c’est du jamais vu, sauf qqles touristes dans la Vanoise l’été. Bravo à Christophe, trop fort l’Auvergnat !
Pour moi Chris si tu trouve des Tongs à crampons : rouge et blanc si possible ^^
A bientôt ?
Partis le 01 avril 2009
Revenus le 26 mars 2010
359 jours de voyage (+1 de décalage horaire)