28 août 200928 août 2009 Accueil » SABAÏDI !
Ecrit par mathilde à 14:34 dans Laos
  • 5 commentaires et 0 rétrolien
  • 1 978 vues

Sabaïdi !
Nous sommes entrés au Laos où tout le monde se salue ainsi. Au moins un mot de Lao qu’aucun voyageur passé par ici n’oubliera tellement il l’aura entendu.

Rizières à Luang Nam Tha

Rizières à Luang Nam Tha

Finalement, nous avons un peu dévié notre route et décidé d’entrer au Laos et non au Viet-Nam, beaucoup de voyageurs nous ayant vanté les charmes du Laos. On s’attendait à des destinations reculées et assez peu fréquentées mais… ça n’est pas vraiment ça, voire pas du tout.
Le tourisme s’est beaucoup développé au Laos ces dernières années et cela se voit d’autant plus que les villes sont minuscules et les laotiens peu nombreux : les plus grosses villes laotiennes comptent moins de 80 000 habitants et la capitale, Vientiane, 240 000 habitants. Pour comparer disons que la moindre ville chinoise tape sur le demi-million pour échapper au statut de « village »…
De plus, le laotien est typiquement un personnage extra-calme qui passe une grande partie de sa journée à se reposer à l’ombre, vu la chaleur (la saison des pluies, ici, c’est la nuit). Du coup, dans les rues on longe les rangées d’hotels-restos-agences de voyage et on croise autant de laotiens que d’occidentaux avec un style plutôt « collection printemps-été » que « découverte d’un pays sauvage »…


Cela n’empêche pas de profiter d’un rythme tout laotien, tellement décontracté que les français de l’époque coloniale disaient « Les vietnamiens font pousser le riz, les cambodgiens le regardent pousser, et les laotiens l’écoutent. » Bizarrement dans le nord du Laos à 30 kilomètres de la frontière, le riz n’est pas complètement poussé alors qu’en Chine il est presque mûr. C’est dire si entrer au Laos après un voyage en Chine, ça fait un peu comme de s’assoir sur un pouf.

Luang Prabang

Rue de Luang Prabang

Rue de Luang Prabang

Nous sommes restés un peu à Luang Nam Tha où nous avons découvert la beauté des paysages laotiens et puis nous avons rejoint le « joyau » du Laos, l’incontournable Luang Prabang. C’est là que fut fondé le premier royaume laotien, le Royaume du Million d’éléphants et du Parasol blanc, en 1353. Ce royaume perdura bon an, mal an jusqu’en 1887 où, après un attaque meurtrière des Pavillons noirs, le roi préféra le protectorat français à la domination chinoise. Il semblerait que Luang Prabang ait été par la suite un lieu de villégiature apprécié des colons français qui s’y installèrent, au bord du Mékong d’où l’on pouvait rejoindre Saïgon. La suite de l’histoire laotienne c’est la décolonisation – indépendance auto-déclarée en 1945 et obtenue après la défaite de Dien Ben Phu en 1954-, puis la guerre du Viet Nam et les bombardements intensifs, puis la longue révolution communiste. Après la chute de l’URSS, le Laos décide de s’ouvrir aux capitaux et aux touristes étrangers et d’adopter une attitude inspirée de la Chine du style « communiste mais ça dépend pour quoi ».
Le Laos est donc ouvert au tourisme depuis 1989, et Luang Prabang a été peu à peu réhabilitée et se trouve aujourd’hui tellement réhabilitée qu’on a pas tellement l’impression d’être dans un pays qui s’appellerait le Laos mais plutôt dans n’importe quelle ville de la liste « Déclaré Patrimoine Mondial » de l’UNESCO.

Marché de Luang Prabang

Marché de Luang Prabang

Tuk-tuk à Luang Prabang

Tuk-tuk à Luang Prabang


Le défilé des moines bouddhistes

Le défilé des moines bouddhistes

Enfin, il y a beaucoup de temples à Luang Prabang et très tôt le matin les moines bouddhistes vont faire la quête du riz auprès des habitants puisqu’ils doivent – traditionnellement- mendier leur nourriture.

Aumône de riz

Aumône de riz

Les moines bouddhistes

Les moines bouddhistes


Vang Vieng

Paysage autour de Vang Vieng

Paysage autour de Vang Vieng

Après nous avons rejoint Vang Vieng qui, nous le savions à l’avance, serait au moins aussi touristique que Luang Prabang. L’attrait principal de Vang Vieng fut probablement ses paysages magnifiques -et magnifique au Laos où tous les paysages sont déjà magnifiques ça veut dire que c’est très très magnifique-. Sauf que Vang Vieng c’est aussi une destination « fumette » et les laotiens ont su développer une attraction compatible avec la défonce à savoir le « tubing » qui consiste à descendre la rivière dans un pneu. Et autant les tuk-tuk remontent les touristes et les pneu en quantité, autant dans les campagnes aux alentours, on n’a pas croisé un chat.


Du coup, la destination est presque exclusivement fréquentée par de jeunes anglo-saxons qui culturellement ne marchandent pas -donc, folie des prix- et apprécient d’être « comme à la maison » -donc la moitié des bars passent à la télé la série « Friends » à des tablées d’angliche couleur écrevisse tachant de se remettre des émotions du tubing avec une bonne bière-. Le soir au bord de l’eau, le bar a recruté deux anglais pour servir afin qu’il n’y ait pas ambiguïté sur les commandes un peu complexes, pendant que la patronne laotienne roule les joints ou prépare des trucs plus compliqués dans sa cahute. Le tout dans une ambiance un peu étrange entre ceux qui sont écroulés dans les hamacs et ceux qui sortent de l’eau avec leurs pneus et l’impression d’avoir échappé à la mort. (Ceci dit tubing + climat tropical + défonce font de Vang Vieng la destination la plus dangereuse du Laos).

Christophe sur le scooter

Christophe sur le scooter

Maison laotienne traditionnelle

Maison laotienne traditionnelle



A part ça, nous avons été voir le « magnifique paysage » et pour cette occasion nous avons loué une mobylette (pour moins cher que la chambre à air de pneu!). C’était très beau avec des villages très jolis et des laotiens très gentils, enfin bref, parfait sauf que… ils ont décidé de nous mettre des péages à chaque « petit pont de bois » à peine assez solide pour qu’on y passe avec la mobylette. Nous n’étions pas prévenus, nous avons décidé de ne pas payer et les laotiens ne nous ont pas résisté. En tout nous avons passé six ponts et c’est au dernier pont qu’on est tombé sur un os, à savoir un laotien agressif qui nous a menacé avec son coupe-coupe, ça s’est très mal passé. Malgré les menaces nous n’avons pas payé et il nous a jeté des pierres et le premier touriste béat et crétin qui a accepté de se faire racketter de cette manière, on ne lui dit pas merci.

Epicerie de village

Epicerie de village

Villageois

Villageois



Bref, on part demain avec l’intention de faire une grosse distance, en espérant rejoindre le sud du pays au plus vite. Et pour finir, bon, notre texte doit donner un image pas tout à fait exacte du Laos qui est aussi un pays charmant même si cette première semaine ne nous laisse pas l’impression d’avoir découvert quoi que ce soit d’un pays qui s’appèlerait le Laos. Mais nous aussi, on peut prendre des vacances au milieu de notre voyage et profiter d’un petit bungalow au bord de l’eau!

Au milieu, notre bungalow

Au milieu, notre bungalow



5 Commentaires5 Commentaires
Pat
Commentaire #1
  • 11:38
  • 29 août 2009

Superbes images et commentaires excellents! merci à vous et bonne continuation.

Amicalement,

Pat.

phil rop
Commentaire #2
  • 17:32
  • 29 août 2009

Un pays où on boit de la bière, où es anglais sont rouges, où il y a des péages, où les prix sont élevés ?
Vous êtes déjà de retour !

Mom's
Commentaire #3
  • 15:55
  • 30 août 2009

Pouce en l’air !

catherine h
Commentaire #4
  • 18:31
  • 30 août 2009

Hello les aventuriers de la moto qui fonce avec Christophe aux manettes.Vous êtes sûrs pour les touristes parce qu’on en voit jamais un sur les photos!!!!!Cat h

John
Commentaire #5
  • 20:51
  • 31 août 2009

Ben moi j’en ai vu un sur la moto bien que j’aie l’impression qu’il a emprunté un T-shirt à un moine Bouddhiste pour passer incognito…et devant le bugalow le pont est-il payant lui aussi?

Laisser un commentaireLaisser un commentaire
Nom:* E-Mail:* Website:

Commentaire:

* Signifie que le champ est obligatoire