Bonjour,
Nous avons ajouté à notre voyage cette destination des plus éloignées, puisque nous n’avions pas épuisé le nombre de vols inclus dans notre billet. C’était donc l’occasion ou jamais, puisqu’on ne peut aller là -bas qu’en avion et 3500 bornes aller-retour pour une si petite île, ce n’est pas tous les jours que c’est possible.

Moai

Alignement de Moais
L’île de Pâques est triangulaire et son plus grand côté mesure 20 km, elle est située à 3700 km du Chili et à 4000 km de Tahiti, rien de plus proche mis à part quelques îles complètement minuscules. L’histoire du peuplement de l’île est incertain ; il semble qu’au XIIème siècle, des chefs vaincus de tribus polynésiennes (Tahiti) aient eu à choisir entre la servitude ou bien, embarquer sur une pirogue, direction le grand large, avec l’espoir d’accoster quelque part et une femme pour peupler l’endroit. Le roi qui a débarqué sur l’île de Pâque s’appelle Hotu Matua.
D’ailleurs, les polynésiens ont trouvé, et habité, toutes les îles du Pacifique depuis les îles Cook et jusqu’aux Marquises, jusqu’à Hawaï (!!) et l’île de Pâques (4000 bornes sur une pirogue). Cela semble tellement fantastique qu’on a voulu inventer un continent au cÅ“ur du Pacifique, qui serait aujourd’hui disparu mais expliquerait d’anciennes migrations terrestres entre les îles actuelles.
L’île n’avait pas de nom, elle s’appelle soit l’île de Pâques, découverte le jour de Pâques, soit Rapa Nui, c’est-à -dire la grande Rapa, parce qu’elle a rappelé l’île Rapa à quelqu’un. Ici, on utilise Rapa Nui et on dit « Mon père est Rapa Nui », « Ma petite femme est Rapa Nui » – ce qui signifie qu’ils sont polynésiens, pas chiliens. Il y a 4000 habitants sur l’île, dont à peu près 1000 Rapa Nui. Au plus triste, ils n’étaient plus qu’une centaine de Rapa Nui contre peut-être 8000 avant d’être découverts et exterminés (esclavage, épidémie). Leur culture s’est perdue et l’île de Pâques restera donc mystérieuse…

Port d'Hanga-Roa
Aujourd’hui, les Rapa Nui, chiliens et hispanophones, ont un pied en Amérique Latine et un pied en Polynésie, c’est-à -dire à Tahiti. En fait, il y aurait pas mal de Rapa Nui là -bas, et on a régulièrement croisé des francophones. La quasi totalité de la population vit dans la seule ville de l’île, Hanga-Roa, leur seule richesse est le tourisme. L’île vit au rythme des avions qui vont ou viennent de Santiago ou de Tahiti et ramènent les précieux touristes venus admirer les fameux Moais.
Bien sûr, on vous met plein de photos de Moais, aussi parce qu’il n’y a pas grand chose d’autre : l’île est une grande prairie avec des petits volcans éteints, qui se termine en falaises de roche volcanique sur toutes les côtes. Il n’y a qu’une véritable plage de sable. Lorsqu’Hotu Matua est arrivé, il aurait envoyé ses gens en pirogue aviser s’il se trouvait une plage digne d’un roi (à la fois, il n’était pas franchement en position de faire le difficile), et, par chance, il y en avait une, la plage d’Anakena où il s’est installé.

La plage d'Anakena

Les moais de Tongariki

Les moais de Tongariki
Les Moais, on ne peut finalement en dire grand chose, puisque leur raison d’être n’a pas vraiment été éclaircie, non plus que la manière dont ils ont été transportés. Ils sont érigés dos à la mer, sur des Ahu – des tombes. Il y en a sur toute l’île, pour toutes les tribus qui vivaient autrefois réparties sur tout le territoire. Des grandes, des petites, des abîmés, des ensevelies… Le site le plus impressionnant est probablement la carrière, où ont été abandonnés des centaines de Moais qui n’ont jamais été livrés. Il y a tellement de Moais sur cette île par ailleurs déserte, que ce sont eux qui la peuplent, très énigmatiques, très impressionnants, aussi.

La carrière de moais

Moais dans la carrière

Sur les pentes du volcan Rano Raraku

Moai enseveli
Au sud de l’île, se trouve le cratère du volcan Rano Kau et au large de ce volcan, deux îlots dont le plus gros s’appelle Motu Nui. Les oiseaux ne nichaient pas sur l’île pour éviter que leurs nids ne soient pillés par les hommes (sachant qu’il n’y avait pas d’arbre à Rapa Nui), ils nichaient donc sur l’îlot Motu Nui.
Selon le mythe de l’homme oiseau, l’homme qui obtient le premier Å“uf d’hirondelle de mer de l’année devient homme-oiseau pour un an, il est sacré, doit vivre reclus dans une hutte avec son Å“uf et porte une perruque en cheveux de femme. L’Å“uf magique apporte la prospérité, assure de bonnes récoltes, et du succès en matière de pêche aux thons.
Pour tâcher de récupérer le premier Å“uf, les chefs confiaient à des serviteurs le soin d’aller le chercher sur l’îlot Motu Nui et de le leur ramener. L’opération supposait de traverser à la nage le bras de mer plein de requins, de séjourner parfois plusieurs semaines sur l’îlot, puis de revenir avec l’Å“uf (pas de requin au retour du fait de la protection de l’Å“uf magique). Au départ de la course, puis au retour, étaient organisées de grandes fêtes.

Le volcan Rano Kau

L'îlot Motu Nui
Pour ne rien cacher, on n’a pas eu trop de chance… Sur cinq jours, quatre jours de pluie à décourager toute promenade. On est un peu sorti mais pas tant que ça, on a du passer beaucoup de temps dans la cuisine de la famille Rapa Nui chez laquelle on campait (dans le cadre de la lutte contre les prix insulaires). Heureusement, on a pu camper sous un auvent, étant donné qu’on s’est réveillé après la première nuit avec deux litres d’eau dans la tente et tout trempé. L’ambiance était plutôt morose, les deux filles Rapa Nui étant du genre assez stupides et désagréables, la patronne et la petite fille sympa mais, bon, c’était rageant d’être coincés là . Les autres touristes-campeurs étaient également très déçus, on a laissé là -bas deux japonais en train d’entamer une dépression.
C’était quand même pas de chance, au milieu de 7000 kilomètres d’océan Pacifique, juste une île minuscule et les nuages, justement là (et parfois, ça se voyait qu’il faisait beau sur la mer, au fond). On avait l’impression que les nuages ne se vidaient jamais, tout gris, tout le temps.
Par chance, notre seule journée de beau temps s’est parfaitement déroulée et nous a permis de faire le tour de l’île (c’est petit). Pas question pour nous de louer une voiture mais on a été pris en stop tout le temps (et en fait, sans même tendre le pouce). On a pu rencontrer un agent du ministère de l’agriculture chassant « la mouche du fruit », des Rapa Nui, un français tahitien, et, grande première, un chauffeur de taxi, mais oui… il nous a pris en stop…
Deux dernières photos pour avoir une idée de la taille des Moais – on pose naturellement à côté des plus grands spécimens.

Mathilde à côté d'un moai

Christophe à côté d'un moai
Stupéfiantes ces grosses têtes . Christophe en mètre- étalon est parfait. Mathilde paraît bien petite dans son halo d’humidité , près de ces sculptures qui , j’en conviens, sont plus mystérieuses que les menhirs bretons !!!! Le Clezio parle du « minéralisme mental des bretons » j’adhère. Amis du blog ,à tous ceux qui vous suivent , je souhaite de bonnes fêtes de fin d’année. De grosses bises Catherine h
coucou,
impressionnant, j’adorrrrrrrre!!!je reve de voir ca…vraiment mysterieux cet endroit..disons mystique!encore un mystere à elucider…plein de bises et rechauffez-vous vite
Attention, comme on dit chez nous en Auvergne : ne pas confondre Rapa Nui et rapiat nu !
Dommage pour la pluie, mais en même temps, une île toute seule au milieu de l’océan, c’est forcément un lieu de rendez-vous pour cumulus en goguette…
Bonjour à vous deux et bonnes fêtes de fin d’années.
Encore merci de nous faire partager votre périple qui nous sort un peu de notre morosité quotidienne. Et oui, Mathilde, nous en avons bien besoins car ici depuis ton départ c’est la débâcle.
Bien que vous ayez choisi l’ile de Pâques pour faire étape, je vous souhaite un joyeux Noël.
A l’année prochaine, Jean-Paul.
bonjour à vous
c’est un réel plaisir de lire vos commentaires, surtout que l’île de Pâques a toujous eu un côté mystique pour moi… donc je me régale…
je profite de ce petit mot pour vous souhaiter un joyeux noël, où serez vous demain soir ????
j’attends la suite avec impatience…
ps : au fait, florian est rentré dIrlande juste pour une semaine, le temps de passer Noël avec nous, et il repart le 28/12, des progrès en anglais se font sentir, alors c’est pour la bonne cause..
gros bisous
domi
Impressionnant! Même sous la pluie ça dû être magnifique…il ne peut pas faire beau à tous les jours malheureusement ![]()
Merci de faire partager, j’adore vous lire.
Je vous souhaite de joyeuses Fêtes et que du bonheur et santé pour l’année 2010!
Salut vous deux
Un ptit coucou avant d’aller squasher avec qui vous savez.
Toujours très sympa vos photos !
Bon, et au fait, passer la ligne de changement de date le 1er janvier pour un 2ème réveillon sur un 2ème continent, ça ne vous a pas tenté ?
Allez,
Joyeuses fêtes
Salut salut à tous les deux et bonne année 2010 !!
N’ayez pas peur Cyril se reprend des tannées comme il en avait l’habitude …
Photos exceptionnelles comme d’habitude ! Mais ils ont pas un peu la tête avec leurs statues par là -bas !! Continuez à bien profiter et à nous faire rêver par procuration !!
Bises,
Julien
Partis le 01 avril 2009
Revenus le 26 mars 2010
359 jours de voyage (+1 de décalage horaire)