19 août 200919 août 2009 Accueil » Le Yunnan
Ecrit par mathilde à 13:06 dans Chine
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Nous avons changé de province, nous avons quitté le Sichuan pour entrer dans le Yunnan, tout au sud de la Chine.

Shangri-La

Brochettes dans les rues de Shangri-La

Brochettes dans les rues de Shangri-La

Nous sommes un peu redescendu, toujours sur le plateau tibétain, jusqu’à la ville de Zhongdian, renommée Shangri-La c’est-à-dire rien moins que le Paradis sur Terre. Ce nouveau nom fait référence à un roman que nous n’avons pas lu, à savoir « Les Horizons Perdus » de James Hilton qui y décrit une ville merveilleuse, possiblement située au sud-ouest de la Chine, prénommée Shangri-La, et qui n’est qu’imagination. Néanmoins, s’ensuivit récemment une lutte entre les villes de ce coin de Chine pour s’arracher l’appellation enchanteresse et les touristes qui ne manqueraient pas d’affluer illico-presto vers la divine destination. Le gouvernement chinois a tranché en 2001 pour Zhongdian vu que le PCC est aussi là pour décider de l’emplacement du Paradis.


Alors qu’est-ce qu’un paradis chinois? Et bien c’est un joli petit quartier ancien rénové, toutes les maisons transformées en boutiques à souvenirs, resto, guesthouse, les rues pavées arpentées par ces touristes tant attendus et tous les soirs à 19 heures les ressortissants des minorités ethniques -des tibétains, donc- sont priés de mettre un peu la main à la pâte et de s’adonner à des danses folkloriques. D’ailleurs, nous proposons une petite bourrée quotidienne sur la place de Jaude de Clermont-Ferrand à l’heure de l’apéro pour dynamiser un peu le tourisme en Auvergne. Faut pas croire que les touristes vont se déplacer pour rien, la concurrence est rude de nos jours.
Et de notre côté, on était fatigué et sale, on s’est posé dans une bonne auberge, on a fait du vélo et on a passé du bon temps, surtout que dans le coin on mange des champignons comme vous mangez de la salade. Et puis, les touristes ne quittent pas le centre ancien et il y avait un grand marché dans la ville neuve.

Un bol de nouilles au marché

Un bol de nouilles au marché

Derrière les fourneaux

Derrière les fourneaux



Par contre, nous n’avons pas été dans les villes voisines qui postulaient aussi pour être le Paradis parce que une fois, ça va bien.

Les Rizières de Yuanyang

Rizières dans les nuages

Rizières dans les nuages

Toujours en descendant nous sommes entrés dans les régions tropicales du sud de la Chine: pluie et bananiers et surtout, les rizières en terrasses. Elles ont été façonnées par les Hani pendant des millénaires pour cultiver le riz sur le flanc des montagnes: ils ont défriché la végétation dense des pentes pour construire les bassins, tenus par des murets de terre parfois consolidés avec des pierres. En août, le riz est vert et presque mûr, il continue à pousser dans l’eau. Ce n’est pas la période la plus photogénique et le temps est très nuageux mais l’avantage c’est qu’il n’y avait pour ainsi dire personne. Nous avons pu nous promener dans les rizières; il est possible de marcher sur les murets – à peu près 20 cm de large entre deux bassins dont l’un en contrebas, un brin périlleux. Et si le muret ne mène nulle part, on peut marcher longtemps sans pouvoir quitter le-dit muret, en suivant les lignes des rizières. Il y a quelques chemins mais il est difficile de se repérer et les champs couvrent une surface immense, parfois très loin du moindre village. Enfin, pas de place perdue et nous avons du marcher des heures pour trouver un petit emplacement pour notre petite tente.

Rizières de Yuanyang

Rizières de Yuanyang

Rizières de Yuanyang

Rizières de Yuanyang


Au marché de Sheng Cun

Au marché de Sheng Cun

Sur la route, nous avons traversé un village où se tenait un marché. Nous avons croisé des Hani dont les femmes sont habillées en noir-mauve-turquoise ou bien de toutes les couleurs avec des plastrons brodés – les hommes se fichent d’une quelconque tenue traditionnelle-.
Ils vendent des fruits -des petites bananes trapues, des litchis-, de l’ail, de l’indigo, du soja germé, des volailles vivantes et des porcelets.
Ils nous ont servi des nouilles pas mauvaises et nous ont refilé des piles pourries.

Au marché de Sheng Cun

Au marché de Sheng Cun

Au marché de Sheng Cun

Au marché de Sheng Cun


Femme Hani

Femme Hani

Le soir, nous avons dîné chez une famille de Hani ; nous les avons croisé comme ils revenaient des rizières et comme on voulait acheter de la nourriture, ils nous ont invité. Madame portait sur le dos le panier plein de la cueillette et Monsieur portait le parapluie pour s’abriter de l’ondée. Ensuite, nous sommes allé chez eux et Monsieur s’est assis pendant que Madame allait puiser à peu près 40 litres d’eau, à ramener à la palanche. Au mur, il y avait une photo du papa et une photo de la maman du Monsieur et un grand poster de Mao. Sur l’autre mur, des photos des deux enfants, puisque les « minorités » ont droit à un aménagement de la politique de l’enfant unique. Cette concession de l’ethnie Han (92% de la population chinoise) empêche (ou retarde) la disparition des autres ethnies qui sont parfois très peu nombreuses. Nous étions dans un logement extrêmement sommaire dans un petit village ; le logis était au premier étage de façon à pouvoir jeter tous les détritus directement dans la cour où se trouvent les cochons.


Nous avons eu du mal à parler car mon très maigre chinois ne sert plus a rien : d’une région à l’autre de la Chine les prononciations diffèrent. Normalement, tous les chinois sont sensés connaître le chinois de Pékin qu’on appelle le Mandarin ou Putonghua – la langue commune – en plus de leur parlé local. Et quelque soit la prononciation, le chinois s’écrit toujours de la même manière sur tout le territoire: on a enfin compris pourquoi, quand on ne comprend pas, ils s’acharnent à vouloir nous écrire les idéogrammes : il est possible de ne pas pouvoir comprendre un parlé chinois mais normalement, on peut toujours le lire. Pour autant, quand on est dans la campagne avec des gens qui n’ont trop été à l’école, c’est vraiment pas pareil. D’autant que j’ai arrêté le chinois lorsque j’ai appris que les chinois disent « La vie est trop courte pour apprendre le français ».

Notre tente au milieu des rizières

Notre tente au milieu des rizières

Enfin, malgré ces « petites » difficultés, cette famille était très accueillante et nous nous sommes un peu trop attardés devant notre alcool de riz -auquel je n’étais pas sensée toucher comme il m’a été fait remarqué -, nous avons du retourner à l’emplacement que nous avions trouvé de nuit, au milieu des rizières.
Le lendemain nous nous sommes levés au milieu du brouillard puis nous avons traversé de nouveau les rizières pour rejoindre la route. Sur le chemin du retour, des femmes cassaient des cailloux au marteau, accroupies au bord du chemin, sous les yeux d’un espèce de contremaitre confortablement installé sous une toile de tente, une grosse pipe à eau en bambou à la main (on voit souvent des chinois casser des cailloux, un peu partout en Chine, et, par ici, la pipe à eau – de tabac- est une spécialité – masculine-).

Le Xishuangbanna

Le Xishuangbanna, c’est la province du Yunnan tout au sud, à la frontière laotienne. Nous avons pris des routes peu empruntées à partir des rizières pour rejoindre le Laos. Donc petites routes, donc glissement de terrain + panne de bus + re-panne de bus + la nuit dans le dit-bus qui s’est avéré irréparable.
De ce fait nous avons eu la chance de visiter un charmant village du Xishuangbanna où le hasard des évènement nous a conduit à passer la nuit, garés près des maisons sur pilotis des Dai, proches des Thaï.
Et nous avons terminé le trajet en mettant le contenu du bus dans un mini-bus ce qui fait que nous étions -très- serrés par ce climat -très- chaud et humide. A croire que le Laos, ça se mérite, à moins que ce ne soit la Chine qu’on ait finalement du mal à quitter. Nous sommes désormais à Mengla à trente kilomètres de la frontière laotienne, avec presque 2 millions de kips – la monnaie laotienne -. Demain nous serons millionnaires…

Glissement de terrain

Glissement de terrain

En panne dans le Xishuangbanna

En panne dans le Xishuangbanna



Et sur ce comme « Parler ne fait pas cuire le riz », on vous laisse.


5 Commentaires5 Commentaires
catherine honoratcatherine.honorat
Commentaire #1
  • 17:30
  • 19 août 2009

Je dois aussi appartenir à une minorité car j’ai deux enfants!!!! Tout cela me parle assez…..Le glissement de terrain c’est une photo truquée????Quant au roman chinois « Beaux seins , belles fesses » de Mo yan je le recommande à tout le monde c’est aussi long qu’une virée dans les rizières mais avec plein de rebondissements et quel humour!!!! bises Cat H

John
Commentaire #2
  • 6:44
  • 20 août 2009

Si je comprends bien le paradis est un peu plus masculin que féminin, ce qui est certainement une spécifité chinoise, mais il est vrai que trouver par de savants calculs l’angle adéquat pour que le parapluie protège le mieux de la pluie…content que Mathilde n’ait emporté qu’un maigre chinois avec elle, c’est tout de même moins lourd à porter. N’oubliez pas à l’avenir d’éviter les glissements de terrains , car on pourrait penser que votre périple comporte quelques risques!

jojo
Commentaire #3
  • 7:01
  • 20 août 2009

« Parler ne fait pas cuire le riz », il faut absolument que je le replace en société. Ce qui est bien, c’est qu’il peut y avoir des versions régionales « parler ne fait pas cuire le cassoulet ». Les costumes de Sheng Cun sont magnifiques, j’adore leurs chapeaux. Racontez nous vite le Laos. Bises, Joséphine et Blaise

fred et cecile
Commentaire #4
  • 11:50
  • 22 août 2009

tachidele comme on dit encore ici !

Je faisais un ptit tour sur nenette histoire de voir si votre periple suivait bien son cour et cette idee de planter la tente dans les rizieres me plait bien. Je crois qu’on va faire de meme du coup ! alle continuez bien au laos et pit etre a plus tard. Fred et Cecile

fredp
Commentaire #5
  • 17:14
  • 25 septembre 2009

Je viens de lire dans le Canard Enchaîné ce commentaire élogieux (et pertinent ?…) sur vos récits :

« Des histoires de Chine bien calibrées ». Bravo !

(bon d’accord c’est dans l’album de la Comtesse… mais c’est un début ! :-)

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