Christophe dans un bus couchette
Le Taklamakan qui signifie en ouïghour « entre et ne reviens jamais »… le désert qui n’en finit pas : nous avons fait près de 2000 kilomètres depuis Kashgar et nous avons tout juste atteint le bord oriental du désert. Heureusement, il y a des trains dont un tronçon de la ligne – Pékin-Moscou via la mer d’Aral!- et des bus-couchette.
Nous sommes arrivés à Dunhuang au bord du Taklamakan mais pour autant, nous ne sommes pas encore sortis du désert. Si on ne regarde pas la carte à la loupe, nous sommes à peu près entre le Taklamakan et le désert de Gobi. Mais on n’ira pas ; après le désert nous filerons vers le sud et les montagnes, pour être un peu au frais…
Le Taklamakan vu du train
Donc, nous sommes sortis du Taklamakan, mais on a eu chaud, et on a encore très chaud. Le désert, pour ce qu’on en a vu dans le train ou dans le bus, n’est pas très beau ; désert de cailloux gris. Il est entouré au nord et au sud par des montagnes d’où coulent des rivières. De nombreuses oasis se trouvent donc au bord du désert où les hommes irriguent des champs et des villes.
Et depuis que le Taklamakan est résolument chinois, la Chine développe la région en construisant des infrastructures – rails, routes, ponts – et des villes modernes près des anciennes oasis, collées aux villages – buildings, supermarchés approvisionnés, internet cafés gigantesques…- : ils n’ont pas conquis un désert pour se laisser impressionner par la chaleur et nous avons vu les ouvriers chinois travailler en plein soleil, par des températures insupportables. C’est la Chine! Rien ne peut les arrêter… Et le Taklamakan est bien plus développé que les républiques d’Asie Centrale que nous avons visitées.
Le marché aux animaux
Le marché aux animauxs
Avant de quitter Kashgar, nous avons attendu le marché aux animaux du dimanche. On s’est aussi préoccupé d’envoyer un colis en France pour alléger les bagages – renvoyer les vêtements chauds et tout le superflu pour voyager plus agréablement, nous étions -beaucoup- trop chargés.
Notre première étape après Kashgar a été Kuqa ; nous avons visité le marché ouïghour du vendredi et la ville ouïghour… Il a commencé à faire chaud, très chaud…
Au marché de Kuqa
Au marché de Kuqa
Puis Turfan, « La Brillante Perle de la Route de la Soie », située dans une dépression à 80 mètres au-dessous du niveau de la mer et connue pour son climat chaud, très, très chaud. Honnêtement, il est presque impossible de rester dehors au soleil, il faisait plus de quarante, et cela décourage la promenade.
Malgré tout, on a été aux ruines de Jiaohe, ancienne capitale d’un royaume oriental chinois, devenue ouïghoure, puis détruite par les mongols et abandonnée par les chinois. Depuis des millénaires, ouïghours, mongols et chinois se disputent la région du Taklamakan et la maîtrise de la route de la soie. Le désert était divisé en royaumes ou khanats dont les capitales ont été parfois abandonnées – détruites par les guerres – ou déplacées lorsqu’ils ont manqué d’eau. Les ruines en ont été découvertes au début du siècle, et les archéologues ont alors mis à mis jour des trésors considérables, conservés dans les sables.
Turfan est connue pour ses raisins – et pour ses rues ombragées de treilles. Il paraîtrait aussi que c’est depuis Turfan que l’art de faire le vin se serait répandu en Chine. Mais c’était avant les conquêtes musulmanes, la spécialité locale est désormais le raisin sec en grande quantité. Effectivement, ce ne sont pas le vignes qui manquent, ni les locaux en brique à trous pour faire sécher les raisins.
Vignes et locaux pour sécher le raisin
Village de Tuyoq connu pour ses raisins
Sinon, quelques mots sur la Chine… Disons que l’ambiance touristique est donnée : il faut un ticket pour le moindre truc : les monuments mais aussi certains villages, certaines vallées, des bouts de désert… tout ce qui peut rapporter est muni d’un guichet et à chaque coin de rue un chinois (auquel on a eu la bonté de fournir tout de même un parasol et une bouteille d’eau) pour vérifier les tickets, c’est LE pays des tickets. Bref, nous n’irons pas tout visiter et d’ailleurs, ça leur est complètement égal – aux chinois- qu’on critique leur façon de faire puisque les touristes chinois sont beaucoup plus nombreux, plus riches et peut-être aussi moins radins et moins regardant. Et… ils sont là!
A part ça, nous aimons les chinois qui ont l’air de bien nous aimer aussi, en tout cas, ils sont super sympas même s’ils ont cette habitude étrange de nous regarder très longtemps. La Chine est ouverte au tourisme, mais l’occidental reste tout de même une curiosité. Parfois, ils prennent des photos de nous.
Encore des pastèques
Les couchettes font un peu lits d’hôpital, mais elles ont l’air assez confortables, hein Christophe ?
La photo des pastèques me fait penser à la pub que l’on voit actuellement dans le métro : des pastèques sans pépin !!! Vous ne les avez pas celles-là.
S’ils font encore du vin, est-il bon ? Ca c’est une question importante.
Si je comprends bien ,les chinois s’arrêtent de »gratter » uniquement losque vous passez devant eux. Est-ce flatteur d’être une curiosité ? Je connais un agitateur public à qui ça plairait d’être regardé et pris en photo. J’ai envie de vous l’envoyer dans un colis mais agité comme il est il ferait péter les ficelles et il nous reviendrait. Au marché de K les animaux ont 2 pieds ou 4 pattes ?J’ai du mal à trier. J’espère que la chaleur ne va pas totalement vous déshydrater et vous métamorphoser en raisins secs. Bises Cat h
Tiens, un truc rigolo à propos du Taklamakan :
« Le sable d’une tempête née dans le vaste désert inhospitalier du Taklamakan (338 000 km2), dans l’ouest de la Chine, a fait le tour de la Terre en moins de deux semaines, selon une étude publiée dans la revue spécialisée Nature Géoscience.
Les 8 et 9 mai 2007, des vents violents sur le Taklamakan ont soulevé environ 800.000 tonnes de poussière, selon les calculs réalisés à partir d’images satellites et de modèles informatiques. Les particules transportées dans l’atmosphère ne sont pas des grains de sable, trop gros et trop lourds, mais de fines poussières.
La poussière a pris de l’altitude, poussée par le vent sur le contrefort du plateau tibétain, atteignant 5.000 mètres d’altitude.
Un courant d’air chaud a ensuite pris en charge 60% de cette poussière et l’a propulsée à une altitude comprise entre 8.000 et 10.000 mètres.
Au bout de 13 jours, une partie des particules est repassée au-dessus du Taklamakan avant de s’abîmer dans l’ouest de l’océan Pacifique.
Le nuage de poussière mesurait environ trois kilomètres verticalement et plus de 2000 kilomètres horizontalement. Il a été repéré par Caliop, un instrument à bord du satellite d’observation de la Terre Calipso. »
Comme quoi y a plus rapide que Phileas Fogg
Partis le 01 avril 2009
Revenus le 26 mars 2010
359 jours de voyage (+1 de décalage horaire)