Bonjour à tous,
Un dernier message du Laos, pour vous parler des laotiens…
Moines à vélo
Sur le chemin de l’école
Un peu à l’écart des circuits touristiques, nous avons pu rencontrer des laotiens, surtout les ex-étudiants en anglais de la « Champasak University » qui viennent nous voir « to improve my english ». Ils sont professeurs d’anglais dans les écoles laotiennes, avec un niveau pas très bon et pas trop de possibilités de s’améliorer – à part attraper une conversation de temps à autre avec un « falang » de passage. Mais travailler son anglais avec nous, par exemple, ce n’est pas forcément l’idée du siècle… – un « falang » c’était un (colon) français mais maintenant cela signifie un touriste occidental -.
Enfin, nous avons rencontré des francophones, des laotiens ayant étudié dans les écoles françaises. En fait, la présence française a duré après la décolonisation, jusqu’à la révolution communiste de 1975. Ce qui signifie que l’on peut rencontrer des francophones de 50 ou 60 ans qui auraient étudié dans les années 70, ce qui est plus réaliste que de rechercher un papi de 90 ans grandit pendant la période coloniale…
A la gare routière de Thateng
A Paksong
Bon, le Laos vit à son rythme… et c’est plutôt un petit rythme. Ils se lèvent très tôt, vers 5 heures du matin mais ensuite l’activité décline et sur les coups de 10 heures ils sont nombreux à faire la sieste, et ça ne va pas en s’arrangeant au fur et à mesure de la journée. Par moment, ils sont stupéfiants : on peut visiter des villages entiers où ils dorment tous. Ou bien ils sont juste allongés sans dormir, ou parfois assis, étrangement immobiles, les yeux dans le vague, complètement désÅ“uvrés. Parfois ils n’ont même pas pris la peine de s’endormir dans une position confortable.
Et puis ici, il n’est pas tabou de « dormir en public » et le tenancier de l’hôtel dort tout simplement dans son hall et quand on le réveille, il peut décider qu’il préfère ne pas se déranger pour nous montrer une chambre. Et puis, de bonne grâce ou à contrecÅ“ur, c’est un peu étrange de s’adresser à quelqu’un qui se réveille, un peu embrumé, en train de rassembler ses deux mots d’anglais…
A la campagne, ils cultivent le riz et on leur a demandé ce qu’ils faisaient en dehors des périodes de récolte – en gros, 10 mois par an, tout de même – et il nous a été répondu qu’il fallait désherber les rizières (mais on n’y a jamais vu personne), et une autre fois qu’ils tressaient des petites boîtes en bambou pour servir le riz gluant – « sticky rice » -. Ca nous a laissé un peu perplexes.
Boîtes pour le ’sticky rice’
Petang à Saisettha
Heureusement, ils ont hérité de nous un sport adapté, la « pétang »! – pas un endroit où on n’ait pas trouvé des joueurs, il y a un engouement national pour ce sport depuis que la Laos a remporté la médaille d’or de « pétang » aux jeux asiatiques. Classe!
Le vat de Saisettha
A moto sous le soleil
Certains disent que ce mode de vie est lié au bouddhisme qui réprouve toutes les formes d’attachements ou de passions qui seraient sources de désappointement et de désespoir. Autrement dit, si on se fiche de tout, on n’est pas malheureux…
… surtout si on a une mobylette et un parapluie : le total look Lao!
D’autres disent que le Laos vit un peu avec les sous des autres : infrastructures françaises de l’époque coloniale, investissement massif des américains pendant la guerre du Viet Nam pour lutter contre l’avancé des Viet Cong -, soutiens russe et vietnamien pendant la période communiste et aujourd’hui FMI/Banque Mondiale/ONG/ investissements chinois et thaïlandais sans oublier, bien sûr, les dollars des « falang » en short… Il y en aurait pour trouver que les laotiens pourraient s’y mettre un peu plus. Nous on a surtout un peu peur pour eux à cause des chinois mais aussi des voisins thaïlandais et vietnamiens, plus nerveux, qui auront vite fait de noyauter leur économie… Surtout les chinois! Méfiez-vous!!!
Mais après, si ça leur convient de vivre d’amour et de « sticky rice » et de prendre le temps de méditer la mélancolie des rizières de l’aube au coucher du soleil…
Au marché d’Attapeu
Au marché d’Attapeu
Tout de même, lorsqu’ils ne cultivent pas le riz, les villageois font pousser des légumes, ils cueillent des plantes comestibles et vont à la chasse. Au menu : fruits exotiques, fleurs de bananier, pousses de bambou cueillies dans la nature, poissons-chat, anguilles, varan, chauve-souris, et surtout, plein de grenouilles… Les laotiens sont amateurs de « gibier ».
Et parlons un peu de la « perle de l’Asie », le durian : il s’agit d’un fruit de la taille d’un melon recouvert de piquants et qui a la caractéristique intéressante de sentir le vomi. Les asiatiques en sont friands, le goût vaut l’odeur, parait-il. Nous avons fait quatre heures de bus dans un odeur affreuse, pensant que quelqu’un était malade, pour découvrir finalement un laotien avec quatre « perles d’Asie » dont une assez amochée. Ici comme en Chine, il semble que la liberté d’une personne soit plus importante que le confort des autres. Ou peut-être que chinois et laotiens estiment déplacé de « faire une réflexion » à un inconnu. En Chine, on pouvait discuter dans le train autant qu’on voulait même après l’extinction des feux, ou bien écouter la musique de son téléphone portable dans le bus, y compris par dessus la musique du bus. Maintenant, on a même le droit de voyager avec un fruit qui pue!
Malgré tout, ce bus nous a sorti du plateau des Boloven où la spécialité est le café -fameux! d’ailleurs ils pourraient en boire un peu plus!- et nous a conduit près de la frontière Vietnamienne, à Attapeu.
Nous sommes déjà au Viet Nam mais c’est pour la prochaine fois…
Des bises,gzxrb6y8ij
Dans les rues d’Attapeu
Salut Tof’ & Mathilde,
Un gros bécot des youkies qui ont repris leur *dur* entrainement et se préparent à un premier amical ce samedi (19 sept) contre HEC… Ayez une petite pensée pour les victimes des séances physiques du redoutable Jonathan
Vos photos et vos articles continuent de me faire rêver. Et visiblement les choses se passent pas trop mal (j’ai quelques articles de retard, après vos premières impressions de la Chine…). Alors bon vent pour la suite et Tof’, on te prépare des combinaisons derrière, qu’on pourrait croire faites sur mesure pour notre jaunard favori
J’aime beaucoup la dernière photo de l’article!!
Take care,
Miche.
Hello
Ouf des news, surtout depuis l’épisode du caillassage en scooter (!). Sinon, pour le durian, j’ai donné en Guyane (forte communauté Hmong qui font pousser ce genre de Melon !). Les mots de Mathilde pour signifier l’odeur sont à mon avis mesurés et teintés de respect pour l’autochtone car c’est bien pire en réalité !
On attend donc le Vietnam avec impatience.
PS : gaffe à la grippe (quoique avec un durian dans la poche, cela permet d’éviter certaines maladies…
)
coucou mathilde
toujours super vos photos et vos commentaires , y’a rien à redire…
c’est au laos que j’aurai dû naître tout compte fait… leur phylosophie me convient tout à fait,
je pense souvent à toi mathlide et profite bien de tout
à +
domi
Partis le 01 avril 2009
Revenus le 26 mars 2010
359 jours de voyage (+1 de décalage horaire)