Plus on se dirige vers l’ouest de l’Ouzbekistan, moins il y a de monde…
Après Khiva, la République autonome de Karapalkakie fait partie de l’Ouzbekistan mais possède des règles particulières, on ne sait pas trop lesquelles, leur langue s’apparente au turc. Le gouvernement de Karakalpakie est quand même nommé par Karimov, le président d’Ouzbekistan…
Y aller si on ne se fait pas l’excursion « touristes » à minimum 100 dollars l’aller-retour, ça se mérite un peu : taxi partagé – on a décuplé notre niveau de russe! – et puis vieux mini-bus russe – avec un ivrogne plein de spasme… Nous avons traversé l’Amou Daria, le fleuve semble très mou, toute l’eau passe dans les canaux d’irrigation afin de permettre la culture, presque exclusive, du coton et peine donc depuis quelques décennies à atteindre la mer d’Aral qui s’évapore. Comme ce n’est pas la saison, nous avons vu les terres labourées, mais pas le coton.
Après les derniers champs, c’est une steppe sèche, désertique, avec des buissons, qui s’étend jusqu’à la mer d’Aral, ou ce qu’il en reste.
Nous avons passé la nuit à Moynaq, autrefois le plus grand port de pêche au bord de la mer d’Aral. Nous n’avons pas vu la mer, qui s’est retirée à 90 km…
vue sur Moynaq
autre vue sur Moynaq
C’était triste. La ville est pour partie en ruine, il n’y a plus de commerce, personne, c’est tout gris et ensablé. Le vent souffle sur l’ancien fond de la mer et soulève des vents de sable empoisonnés de tous les pesticides utilisés pour la culture du coton, plus le sel.
cimetière à bateaux
Reste le cimetière de bateaux que quelques touristes viennent voir – enfin, on était tout seul -, une ambiance désespérée et franchement funèbre pour un désastre écologique : aujourd’hui, du côté ouzbek, la mer ne reviendra pas. Comme aucun pays n’est disposé à renoncer à l’irrigation et qu’on a du mal à croire qu’on va détourner un fleuve de Sibérie ou exploser les nuages à la dynamite pour provoquer la pluie… et comme les russes, le forfait accompli, ont d’autres chats à fouetter…
On souhaite aux habitants de réussir à partir d’ici. On a eu notre premier contrôle de police et même le flic avait l’air bizarre, il voulait nous emmener dans sa voiture, on est partit en faisant mine de rien comprendre. Le soir on a eu une omelette et à 9 heures on était couché.
bateau échoué
bateau échoué
Après une nuit dans l’unique hôtel sans eau de Moynaq, où il n’y avait que nous avec les portes qui grincent, on est reparti vers Noukous, la « grande ville » de Karakalpakie.
C’était déjà plus vivant, mais bon. Déjà les ouzbeks ne sont pas festifs – après 19 h il n’y a plus personne à part un ou deux types échoués devant leur vodka, et ils ont plutôt l’alcool triste, mais alors là …
Avant de prendre le bus, à la gare routière deux flics sont venus discuter avec nous. Apprenant qu’on est français, l’un d’eux nous montre une photo sur son téléphone portable. On ne reconnait pas et pour cause puisqu’il s’agit d’Alizée: on n’est pas vraiment au point sur l’exportation de la culture française à l’étranger !!!!
Et on s’est fait nos 15 h de bus pour rejoindre Samarcande, où c’est plus riant. On reste un peu ici, il y a des villages à voir aux alentours…
Nulle part ou presque avec des fantômes. A Moynaq ils n’ ont pas la « niaq » Je comprends que vous ayez mangé une omelette car il y avait de quoi marcher sur des oeufs!!!! Contente que vous ne soyez pas restés derrière les grilles. Quand R Devos disait qu’on avait démonté la mer, il savait de quoi il parlait. Ces bateaux échoués sur le sable ont dû vous donner envie de prendre le large. Un bel argument photographique cependant. Bises catherine.
Et la bouffe dans tout ça?? J’aimerais bien en savoir un peu plus sur vos repas au lait de chèvre.
Bises
Partis le 01 avril 2009
Revenus le 26 mars 2010
359 jours de voyage (+1 de décalage horaire)