Salut à tous,
Nous vous avions laissés après les visites culturelles des temples proches de Yogyakarta (Candi Prambanan et Candi Borobudur) et celle un peu plus sportive du plateau de Dieng où nous avons pu avoir un petit aperçu de l’activité volcanique qui règne sur l’île de Java.
Après cette période d’acclimatation, nous nous sommes ensuite réellement lancés à l’assaut des volcans de Java, avec pour commencer le Gunung Merapi et ensuite le Gunung Semeru (en indonésien, gunung ça veut dire montagne et le volcan c’est gunung api, la montagne de feu). Jusqu’à maintenant, je n’avais pas trop écrit sur le blog mais puisqu’il s’agit de volcans, c’est à mon tour d’écrire le billet.
On a quitté le plateau de Dieng pour rejoindre Sélo, le point de départ de l’ascension du Merapi. C’est le seul côté par lequel on peut monter, l’autre versant ayant été fermé depuis l’éruption de 1994 qui a détruit le sentier.
De Dieng à Sélo, on a pu se rendre compte de la difficulté de se déplacer dans les endroits reculés d’Indonésie. Dès qu’on sort des routes principales, il faut changer de véhicule à chaque village soit environ tous les 10-20 kilomètres. En gros, on a mis quasiment une journée pour faire environ 200 kilomètres en utilisant 6 véhicules différents (bus, minibus, pickup pour transporter les produits des agriculteurs, etc…).

Le volcan Merapi vu depuis Selo
Finalement on est arrivé à Sélo, au pied du Merapi qu’on n’a pas pu voir car il était caché dans les nuages. Il faut dire qu’en Indonésie, quasiment tous les jours le temps se couvre autour de midi (ou avant) bouchant complètement la vue. Les indonésiens ont bien compris le truc et proposent aux touristes d’admirer les paysages pour le lever du soleil, en leur proposant la plupart du temps la location d’une jeep pour arriver facilement à destination. « Tomorrow, sunrise » est une des phrases qu’on a du entendre le plus souvent depuis qu’on est arrivé. Et les touristes en redemandent: pour le Merapi, le truc classique, c’est de quitter Yogyakarta entre 20h et 22h en jeep pour arriver avant minuit à Sélo, prendre un café, entamer les 5 heures d’ascension pendant la nuit avec des lampes torche et un guide, admirer le « sunrise » au sommet pendant une demi-heure, redescendre et repartir vers Yogyakarta vers 9h-10h du matin. Tout un programme…
Mais nous, marcher pendant la nuit, c’est pas trop notre truc et puis on a toujours notre tente chinoise qu’on avait étrennée dans les rizières du Yunnan. On a donc tranquillement passé la soirée dans un hôtel à Sélo et le lendemain matin on est allé faire un tour au marché du coin afin d’acheter des provisions et de de prendre quelques photos.

Au marché de Sélo

Au marché de Sélo
On a démarré l’ascension vers 11h, et on a planté notre tente à moins d’une heure de marche du sommet dans un endroit abrité du vent pour ne pas avoir trop froid (on était quand même à plus de 2500 mètres d’altitude). Le seul hic, c’est que l’endroit le plus abrité c’est également l’endroit préféré où tout le monde s’arrête avant la montée finale et du coup c’était un peu la poubelle du coin -les indonésiens « pourrissent pas mal leurs sommets…-. En plus, il y avait une bête, genre un écureuil, qui a gratté autour de la tente pendant des heures et comme on était tout seul en haut, dans le vent, au milieu des rochers, juste à côté du volcan, il nous a fait flipper…

Sunrise depuis le Merapi
On s’est donc réveillé avec le soleil (bon le « sunrise », ça reste quand même la bonne blague indonésienne) et huit touristes (ils étaient bien là après leur marche de nuit !!). On a fini la montée et on a pu profiter de la vue aux alentours et du Merapi lui-même, 2911 mètres d’altitude, un des volcans les plus actifs au monde. Il dégage du souffre en permanence, et il est connu pour exploser tous les 4 ans environ: la dernière fois c’était en 2006 donc on pouvait être rassurés !!! En plus, chaque année, les habitants de Sélo font des offrandes au volcan pour qu’il explose du côté du village d’en face…

Le souffre du cratère

Dans les fumées

Dans les fumées
Retour ensuite à Sélo, puis direction Boyolali, puis Surakarta puis Malang, enfin tout pareil que pour le trajet précédent c’est-à -dire en changeant souvent de véhicule. Et vu qu’on était sur une route principale de l’île pour le Surakarta-Malang, on a pu profiter des joies de la conduite indonésienne, c’est celui qui a la plus grosse qui l’emporte ou le plus nerveux, ou le plus inconscient, ça dépend…
Bon, après un repos à Malang (où on s’est fait un plaisir de profiter d’un petit restaurant chinois pour changer du « nasi goreng », le riz frit accompagné d’un Å“uf), on est reparti pour une nouvelle journée de transport direction Ranu Pani, le point de départ de l’ascension du Gunung Semeru.
Et là encore ça n’a pas vraiment été facile, avec 3 changements de véhicules pour rejoindre Gubug Klakah à 25 kms du but. A partir de là , plus de transport public et seulement quelques motos qui nous proposent un prix exorbitant. Bien évidemment, on refuse et on part confiants (ou inconscients, c’est au choix) à pied avec nos gros sacs.

Les jeunes salesmen
Mais comme on est vraiment chanceux, après peut-être 3kms de montée, un pick-up avec 5 indonésiens à l’arrière nous prend en charge et nous avance jusqu’à 10kms du but à Ngadas. On a pu profiter encore une fois à cette occasion de la gentillesse des indonésiens et on a rentabilisé l’achat de notre guide de conversation. Et puis on est reparti de nouveau à pied, et après 4kms, 8 jeunes « salesmen » indonésiens qui venaient pour vendre des autocuiseurs à Ranu Pani nous proposent de faire le trajet ensemble, à 10 dans un mini-van (qu’on a bien sûr été obligé de pousser dans les passages les plus difficiles), au milieu des cocottes-minute. Ces jeunes rigolaient en permanence, s’amusant d’un rien, et vraiment sympathiques. Finalement, on a rejoint Ranu Pani juste avant la nuit.
Et puis le lendemain, on est parti à l’assaut du Gunung Semeru ou Mahameru (la grande montagne en javanais), le sommet le plus haut de Java avec 3676 mètres. C’est bien sûr un volcan en activité. L’ascension est relativement facile pour rejoindre le véritable pied du volcan: 20 kms sans trop de difficultés au milieu de paysages assez jolis. Puis on a planté notre tente et on s’est couché en même temps que le soleil vers 17h30-18h !!!

Au loin, le Mahameru

A l'attaque du sommet


Le lendemain, levé à 5h et ce ne fut pas la même rigolade: 800 mètres de dénivelé en moins de 2kms, le tout dans du sable volcanique où on glisse de 20cm quand on en fait 50. Et finalement, à l’arrivée au sommet, le Semeru qui explose toutes les 30 minutes environ et dégage son gros nuage de fumée. Juste impressionnant.




Notre logeur à Ranu Pani
Puis après, on est reparti et on a fait le chemin inverse jusqu’à Ranu Pani où on a discuté toute la fin de l’après-midi avec notre logeur. Pendant cette conversation, nous avons appris qu’il s’était converti de l’islam au christianisme parce que je cite: « j’ai ouvert une bible chez des amis et j’ai vu écrit « que ceux qui veulent aller au Paradis me suivent » et ça m’a décidé ». Du coup, comme nous lui posions des questions sur sa religion, il a insisté pour que nous assistions à leur réunion de prière (qui se tenait justement chez lui). Du coup, on a pu voir les chrétiens de Ranu Pani accompagner de leurs chants le prêtre à la guitare. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils y mettaient du cÅ“ur. Moi personnellement, ça m’a un peu fait penser aux réunions de groupes américains pour arrêter de fumer ou pour les alcooliques anonymes qu’on voit dans le film Fight Club. Mais bon, il est vrai que je ne suis pas un bon chrétien.
Voilà c’est tout pour cette fois, la suite des volcans c’est pour le prochain billet.
Sympa, les volcans ! Votre technique vous pourrez la réutiliser pour le Machu Picchu, si vous ne faites pas le sentier de l’Inca : partir la veille de Cuzco par le train des « locaux », passer la nuit à Aguas Calientes, et finir à pied les 2 km tôt le lendemain pour arriver avant les trains de touristes…
PS: Clermont a encore perdu
Wow! Merci Christian pour les photos en série du Semeru qui explose. C’est comme si on était avec vous.
De toute façon, simplement avec votre style d’écriture je me sens avec vous depuis le début.
Bonne continuation!
Ah lala Christophe, à force de fumer des volcans on ne te reconnait plus, on te débaptise, et voilà comment on s’appelle Christian !
Malgré cela, entièrement d’accord avec Michelle (ou Rachel), les photos sont superbes.
c’est vrai qu’elles sont chouettes les photos
n’auriez pas croisé Chabal dans la fumée par hasard ?
A bientôt
Oups! À moins que ce soit moi qui ait fumé les vapeurs du volcan à force de me sentir « comme » avec eux.
Désolé Christophe de t’avoir débaptisé.
(C’est bien ça? C’est Christophe? Me suis pas trompée cette fois-ci, hein? Christophe et Mathilde et … et comment s’appelle le dromadaire?)
Partis le 01 avril 2009
Revenus le 26 mars 2010
359 jours de voyage (+1 de décalage horaire)