Finalement, on donne des nouvelles plus rapidement que prévu puisqu’on est de retour à Khorog (se déplacer dans la vallée de Bartang n’est pas si simple et on va plutôt se concentrer sur Ichkachim et la vallée de Wakhan).
femmes a Artuch dans les monts Fans
Donc depuis le billet sur Padrud, on a fait une autre balade dans les monts Fans, au village d’Artuch où on a pu dormir dans un camp d’alpinisme de l’UCPA (c’était encore fermé car hors-saison mais le gardien nous a ouvert une chambre). On se demandait aussi pourquoi ils savaient tous dire en français « Bonjour » et « Comment tu t’appelles ? » dans cette vallée…
On a pas pu voir les lacs comme on le voulait mais ça c’est une constante: ils sont la plupart du temps vides ou presque (on est un peu trop tôt dans la saison pour que la fonte des neiges les remplisse).
Puis finalement après une douzaine de jour passé autour de Pendjikent, on a décidé de prendre la direction du Pamir.
Depuis, on a fait un bon bout de route…
file d’attente sur la route
Le Tadjikistan ce n’est que des montagnes et on a quitté les monts Fan pour retrouver des sommets encore plus hauts. Les routes sont difficiles et les chinois font des travaux : entre Pendjikent et Douchanbé on avance au rythme du chantier, les chinois ouvrent les tronçons les uns après les autres en fonction des travaux donc… de bonnes vieilles files d’attente. On franchit des cols impressionnants et on traverse un tunnel entièrement gorgé d’eau…
Ce sont des ouvriers chinois qui travaillent sur cette route (ça nous rappelle l’Éthiopie). Quand on sait qu’il y a 7 millions de tadjiks au Tadjikistan et 1 million en Russie pour cause de chômage… on comprend que la main d’Å“uvre chinoise ne soit pas bien vue par ici. Tous les gens qu’on rencontre ont de la famille en Russie et c’est aussi pour ça qu’ils continuent tous à apprendre le russe.
On est juste passé par Douchanbé, même si la ville avait l’air douce à vivre – en tout cas rien à voir avec ce désert qu’était Tachkent en Ouzbekistan. Il y avait quand même moyen de boire une bière le soir en terrasse, surtout qu’on a retrouvé le beau temps.
Il y a 550 bornes entre Douchanbé et Khorog dans le Pamir, on les a fait en petit bus (marchrutka), soit 24 heures de trajet. La route était belle, la nuit a été longue.
Au réveil on avait rejoint l’Amou Daria qui fait la frontière avec l’Afghanistan – ici on dit le Pyanj. Le fleuve est au fond d’une vallée et de chaque côté les montagnes sont gigantesques. La route est côté tadjik, côté afghan ce sont parfois des falaises abruptes ou des petits villages. Le Tadjiskistan a beaucoup de mal à surveiller sa frontière avec l’Afghanistan, il suffit ici de balancer les ballots d’héroïne d’un bord à l’autre…
Khorog est la grande ville du Pamir tadjik, peuplée d’ismaéliens – branche musulmane chiite -. Le développement de la ville est financé par l’Agha Khan, chef religieux des ismaéliens qui vivrait à Genève. Il est adoré ici, entre autre parce qu’il a ravitaillé la Pamir pendant la guerre civile. Enfin, les pamiris ne parlent plus le tadjik, ils parlent des dialectes pamiri différents dans chaque vallée…
Depuis Khorog, on a filé pour 3 jours dans la vallée de Bartang, à Geisev. Il y a une piste le long de la vallée de Bartang puis il faut marcher sur un sentier pendant 2-3 heures avant de rejoindre Geisev, perché dans les montagnes, inaccessible en véhicule.
vue sur le village de Geisev
lac près du village de Geisev
On est arrivé la veille d’un mariage et les villageois ont insisté pour qu’on reste et qu’on vienne au mariage. On était un peu tendu parce qu’ils faisaient un peu des manières avec nous. Au final on était 60 entassés dans une maison pamiri de 25 mètres carrés. Des musiciens ont joué et chanté toute la nuit, les invités dansaient à tour de rôle, deux par deux sur un assez petit espace au centre. Les autres restaient assis tout autour.
Beaucoup d’invités et le marié venaient d’un autre village, ils étaient venus à pied dans la journée, soit 40 bornes avant de festoyer… tout de même!
Sinon, question coutume, le marié est resté immobile toute la soirée avec l’air de s’ennuyer considérablement. La mariée est restée cachée, on ne l’a pas vue, elle n’a pas participé. Il n’y a pas eu de cérémonie religieuse et les deux chefs des deux villages assistaient au mariage mais personne n’a « prononcé » le mariage.
La musique était extraordinaire, les musiciens de cette vallée sont réputés. La chanson commence par un hommage aux mariés (donc la mariée entend caché sous un châle au fond de la pièce et le marié s’en tape), des souhaits de bienvenue à l’assistance…
A notre surprise, pas une goutte de Vodka – ni de quoi que ce soit. A la fois, quand on fait 40 kilomètres, il mieux voyager léger…
mariage à Geisev
mariage à Geisev
On est repartit le lendemain pour revenir à Khorog où on avait laissé nos bagages.
Reste à ajouter que les tadjiks sont absolument sympathiques. Ils sont accueillants, bien sûr, quand on se promène ils veulent toujours nous inviter pour un thé. Mais aussi ils ont de l’humour, ils ont l’air d’être assez farceurs. Ils rigolent bien dans les bus, c’est dommage qu’on ne puisse pas apprécier toutes ces bonnes blagues!!!
Enfin, on fait des efforts en russe et un grand merci à Mom’s pour la méthode Assimil, je progresse – un peu. On est pote avec nos voisins de chambrée Tadjiks qui nous racontent des histoires. On fait ce qu’on peut pour comprendre, ils sont bien drôles eux aussi.
Notre prochaine destination est Ischkachim, dans la vallée de Wakhan et le grand marché afghan du samedi.
une dernière vue de Geisev
Et tonton Christophe, t’oublieras pas ma peluche en poils de yack. Il doit y avoir de quoi faire dans le Pamir.
J’ai voulu voir l’itinéraire parcouru, aussi je poste des liens vers des petites cartes du tadjikistan, c’est pratique pour se rendre compte du parcours :
http://tadjiktrip.free.fr/acessoires/carte_tadjikistan_p.gif
http://www.populationdata.net/images/cartes/asie/moyen-orient/tadjikistan/tadjikistan-politique.png
Vous avez prévu de faire le lac Karakul ?
Finalement j’aime assez que les choses ne se passent pas comme prévu, que les éléments naturels soient aussi liés aux humains et qu’on doive aller moins vite parce que la nature est plus exigeante et dure et que les choses ne se règlent pas facilement par trois coups de clics de souris; ceci dit, c’est aussi ce qui me permet de poster ce commentaire avant d’aller au petit marché d’Aligre avec une bouffée d’air frais….
Pour Léo. Après avoir tout bien calculé et afin d’avoir un yack bien proportionné aussi beau qu’un vrai,aussi fort et courageux, il sera difficile de sortir une peluche à moins de 30 kilos. Mais ce n’est pas grave son tonton est sportif et il s’entraine dans le Pamir. Il pourra la lui ramener Nous étions en Provence et la fonte des neiges étant avancée et le soleil éclatant nous nous sommes baignés dans l’eau fraîche et cristalline du Vanson. …Les photos sont magnifiques et vos commentaires précieux J’avais tellement envie de voir Mathilde en photo que j’ai cru la voir à côté de Christophe en place de votre hôte tadjik !!!! Il lui manquait cependant les vêtements techniques donc j’ai réalisé ma bévue J’adore les visages irradiés de soleil des deux femmes et l’ampleur de ses lacs et montagnes .Biz++ Cat H Les chinois, toujours à gratter…..
Partis le 01 avril 2009
Revenus le 26 mars 2010
359 jours de voyage (+1 de décalage horaire)