Bonjour,
Après la jungle, on a passé trois jours tranquilles à Manaus. On en a profité pour aller à l’opéra de Manaus, pour un concert gratuit du philharmonique d’Amazonie. L’orchestre compte des musiciens de l’est – des russes!- réfugiés dans la jungle…
C’était très chouette ; les rois du caoutchouc, aux belles heures de Manaus, l’ont fait importer entièrement d’Europe, en kit.
Sinon, on a visité le Musée de l’Indien pour voir des sarbacanes et des paniers. Et on est passé à l’Alliance française qui a bien voulu nous échanger nos livres, parce qu’on était trop juste pour atteindre Natal où, on l’espère, nous attend un nouveau colis…
Bref, on a un peu passé le temps en attendant le bateau du mercredi… si, si, on a repris le bateau. Mais ce coup-ci, un bateau de passagers, qui fait du fret également, on ne va pas voyager avec la cale à vide tout de même, mais plus sûr : avec des horaires, des jours de départ et d’arrivée. On a donc quitté le port de Manaus sur le Nélio Corréa, à l’heure!

Le port de Manaus

Sur les quais
Et puis, comme on a déjà eu l’occasion d’expérimenter le style hamac, on a décidé d’être un peu plus luxe et de voyager en cabine. C’est sûr, c’était pas grand mais, comme tout est relatif, dans ce cas précis c’était ce qu’on peut appeler le confort. Bien sûr, cela ne nous a pas empêché de photographier les autres passagers qui eux, ont suspendu leurs hamacs à touche-touche sur les trois ponts du bateau : en bas avec le bruit du moteur, au milieu avec nous, ou en haut avec la télé, les clips (la musique du Titanic!), et la bière.

Christophe dans la cabine

Les hamacs

Sur le pont

Au petit matin

Maison indienne
Ca dure tout de même cinq jour, cette petite histoire, avant d’atteindre Bélem, faut être un peu patient – ou boire plein de bières… On fait des escales pour le fret, aussi, mais pas très longues, dans des villages, on décharge des mobylettes pour en charger d’autres, de la farine et des courges, enfin, comme d’habitude mais avec de la méthode (on peut vous en parler). Pendant les premiers jours, le bateau navigue sur l’Amazone, au milieu du fleuve et les berges sont très lointaines. On quitte le fleuve l’avant dernier jour pour naviguer sur des bras plus petits, et on peut voir le rivage et les indiens qui habitent là . On a eu un super clair de lune dans la forêt, pour notre dernière nuit en Amazonie. C’est toujours étrange, de voir ces maisons perdues, avec ces familles qui regardent passer le bateau comme si elles n’en avaient pas vu depuis des mois.

Village d'Amazonie

Maison indienne

Arrivée sur Bélem
Après cinq jours, le bateau a émergé des petits bras de fleuve, nous sommes sortis de la forêt sur un immense plan d’eau, et Bélem est apparue au loin, avec ses gros buildings. On a eu l’impression de changer de monde.
On a débarqué le dimanche vers cinq heures, sans trop savoir où le bateau avait accosté. Nous sommes partis un peu au hasard pour rejoindre le centre, pour s’apercevoir assez vite que le mieux était de sortir du quartier illico presto ; taudis, types bourrés, prostituées, et un gars louche qui commence à nous tourner autour… On a pris le premier taxi qui est passé et on a filé à la gare routière, direct pour São Luis (enfin, rien à voir avec les quartiers du port, on avait déjà décidé de partir le jour même, si possible).
Donc, nous voilà à São Luis, presque installés. On change d’hôtel, parce qu’on avait pris le premier potable après la nuit dans le bus. Pour se loger, le Brésil, c’est pas fantastique, c’est le moins qu’on puisse dire. Déjà , on avait visité tous les hôtels de Manaus -et on avait changé d’hôtel-. Rien à moins de vingt euros et pour ce prix là , il est arrivé qu’on nous propose des chambres sordides, voire qu’on tombe sur des hôtels de passes avec des décos bizarres (lits ronds). Régulièrement, des prix à l’heure sont indiqués. Ambiance. Même topo à São Luis ; visite de tous les hôtels et taudis à vingt euros, chambres aveugles, lits défoncés… Et croyez pas qu’on chipote, parce que franchement, dans certains pays (pour ne pas citer la Chine), on nous en a proposé des piaules pourries… On a parfois accepté des chambres pas fantastiques, quand il n’y avait rien d’autre, mais au moins, on payait pour ce que ça valait ; pas cher (Ah, non! J’oubliais, c’est vrai qu’en Nouvelle Calédonie on payait quand même la peau du cul pour un matelas par terre, sans drap, avec des sanitaires, mais oui, dignes du Brésil!)
Donc ce matin, on est arrivé pour prendre la chambre qu’on avait réservé hier mais bien sûr, le gars de l’accueil n’est pas celui d’hier et il a loué la chambre (c’est à peu près la seule de loué dans tout l’hôtel mais c’est aussi la seule qui est correcte). Et on en a assez. Il faut être honnête, après dix mois de voyage, notre patience est peut-être bien émoussée. Mais tout de même. Ici, pour vingt euros, ils pourraient peut-être apprendre à noter des réservations, mettre une ampoule dans les WC et racheter des draps ; là , le tissu est tellement usé qu’il en devient transparent, et avec des trous partout qui laissent voir combien l’oreiller et le matelas sont noirs de crasse (on dort dans nos propres draps).

Dans les rues de São Luis
Et on a la nette impression que les tenanciers n’ont pas bien compris que « hôtelier » c’est un véritable métier. On a eu droit (tous pays confondus) aux types qui pioncent derrière le comptoir, aux nanas qui se font les ongles où qu’on dérange dans l’écriture d’un texto passionnant, ils traînent des pieds pour nous montrer les chambres, manifestement ça les gonfle, nous refilent des serpillières en guise de serviette et on tombe régulièrement sur quelqu’un qui fait la gueule. A chaque fois qu’il y a un problème, les gars restent comme des crétins à se dandiner en ricanant et on est obligé de se fâcher pour qu’ils prennent une initiative quelconque (ouais, on se fâche, et il n’y a pas d’autre moyen d’obtenir quelque chose).
Bien sûr, tout ces hôtels sont vides, il n’y a pas de touriste à São Luis… et il n’y en avait pas non plus à Manaus.
Bref, on se casse à la campagne avec la tente…
(Heu, bon, on a eu des hôtels bien, aussi, dans d’autres pays).
Les hôtels à l’heure ou avec le lit rond ne sont pas forcément des hôtels de passe. Les couples brésiliens ont l’habitude d’aller à l’hôtel pour avoir un peu d’intimité quand il y a une famille de 10 personnes dans 40 m² à la maison… Cela dit le Nord est peut-être un peu différent, en tout cas c’est l’endroit le plus pauvre du Brésil. La différence avec le Sud est astronomique en terme de « développement ».
Vous avez fait un sacré parcours depuis la Bolivie (sans parler en Asie lol) on compatit!
Nous aussi le début de 2010 est parsemé de baisse de moral et autres petites choses qui ne sont pas des galères mais qui gonflent sur le long terme :s
Mais bon c’est clair que 20€ pour une piole pourrave c’est abusé ! En inde on avait trouvé des pioles de passe avec la pitite lumière rouge et le pitit bouton d’alerte et tout et tout. Ca fait drôle quand on s’en apperçoit trop tard
La bise à vous deux !
Ahaha! Le lit rond, c’est pas mal ^^ On sent comme une légère pointe d’énervement dans le texte… j’ose pas imaginer le nombre d’hôtels que vous avez tentés !
Bon courage et enjoy.
« A chaque fois qu’il y a un problème, les gars restent comme des crétins à se dandiner en ricanant et on est obligé de se fâcher pour qu’ils prennent une initiative quelconque (ouais, on se fâche, et il n’y a pas d’autre moyen d’obtenir quelque chose). »
C’est bon, vous êtes mûrs pour rentrer et affronter de nouveau le RER.
La seule différence, c’est même quand on se fâche, il ne se passe rien ….
Didier
L’errance au milieu de ces plumards pouilleux donne envie de se gratter. Cela n’incite pas à la paresse !et décourage le repos. La situation m’inspire deux jolis vers dont vous trouverez sans doute l’auteur « A la fin tu es las de ce monde ancien / Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin …… » Pour une fois on est content de rejoindre son lit comme d’hab !!! Cat h
Ah oui! Après 10 mois sur la route, une envie de dormir dans son lit ça se comprend. Et la patience qui commence à flancher…une petite fatigue « psychologique » qui disparaîtra vite, pas drôle sur le coup mais vous en rirez plus tard.
Anecdotes que vous aurez un plaisir à raconter durant plusieurs années, j’en suis certaine.
Comme quoi le Brésil, c’est pas le Pérou !
Partis le 01 avril 2009
Revenus le 26 mars 2010
359 jours de voyage (+1 de décalage horaire)