Dans notre dernier billet, on vous avait laissé alors qu’on était arrivé à Chongqing après le voyage éprouvant du retour de la croisière des « Trois Gorges ». Depuis on a fait un bout de chemin. Au menu de ce billet, vous aurez donc droit à Chongqing, Chengdu et Litang.
Préparation des raviolis à Chongqing
On est resté 4 jours à Chongqing pour récupérer de notre périple en bus. On était déjà passé par cette ville au départ de la croisière des « Trois Gorges » et elle ne nous avait pas donné une très bonne impression avec ses innombrables grattes-ciel gigantesques : c’est quand même la 4ème ville chinoise après Pékin, Shanghai et Hong-Kong. Ici, on construit les tours de logements de 20 étages par paquets de dix sans trop se préoccuper de l’effet cage à lapin… Mais après y avoir circulé pendant quelques jours, on change un peu d’avis car finalement ce n’est pas si déplaisant de vivre dans cette ville accrochée sur les collines. On peut déambuler dans ses rues humides en empruntant des escaliers et des ascenseurs et profiter des meilleurs raviolis qu’on ait eu à goûter jusqu’à maintenant. Mais une chaleur toujours aussi éprouvante.
Après avoir récupéré, on s’est rendu à Chengdu, une autre grosse agglomération chinoise qui est située dans le Sichuan à seulement 4 heures de bus de Chongqing. On a été accueilli à notre arrivée par une bonne averse qui ne nous a quasiment pas lâché durant les 3 jours restés dans la ville. A l’arrivée, nous avons pris le bus dans le mauvais sens pour rejoindre l’hôtel et nous avons fait tout le tour du périphérique quand nous étions juste à côté de l’endroit où on voulait aller. Heureusement, nous sommes tombés sur un couple de jeunes chinois qui, inquiets pour nous, a décidé de faire tout le tour avec nous pour nous indiquer l’hôtel, quitte à consacrer une bonne heure à nos problèmes… – et malgré nos protestations-.
Que dire de Chengdu ? Ben, c’est une ville chinoise comme on a vu beaucoup maintenant avec plein de buildings sans compter tout ceux en construction. On a lu un article comme quoi en 2008, la moitié des grues dans le monde se trouvait en Chine et on le croit volontiers. La Chine entre de plein pied dans le 21ème siècle et elle n’a pas le temps d’attendre!
Sinon, on a visité la base de reproduction des pandas -sous la pluie. C’était assez marrant de voir ces animaux en train de jouer et de manger le bambou. Il faut savoir que le panda a quelques soucis de reproduction et ne doit actuellement sa survie qu’à l’homme : il en a une trop petite et pas très envie. En prime, on a vu les cousins des pandas, les pandas rouges connus sous le nom de « firefox » – celui qui est enroulé sur l’icône du navigateur internet.
Boutique sous la pluie à Chengdu
Panda géant mangeant des bambous
En bonus, promenade dans un des parcs de la ville, parcs qui sont d’ailleurs vraiment agréables et qui contrastent pas mal avec la circulation et le rythme de vie des villes chinoises. Le matin, les chinois y font leur tai-chi et le reste de la journée, ils dansent selon des chorégraphies bien rodées, en groupe et en musique. On vous a mis une petite vidéo pour que vous puissiez voir ce que ça donne.
Tibétain à Litang
Tibétains à Litang
Après le passage par ces deux grandes agglomérations, nous sommes partis pour un endroit un peu plus calme : nous sommes repartis vers la montagne, chez les tibétains qui vivent en dehors du Tibet, à Litang. Il nous a été impossible d’obtenir des billets de bus direct de Chengdu à Litang pour des raisons pas très claires: la ville de Litang n’est pas fermée aux étrangers mais ils n’ont pas le droit de prendre le bus public (?) On doit donc transiter par Kangding et de là prendre un minivan privé jusqu’à Litang. Bon par contre lorsqu’on est arrivé à Kangding, la vente de billets aux étrangers pour Litang venait de reprendre le jour-même sans que l’on sache vraiment pourquoi. La Chine est parfois incompréhensible, ça fait plusieurs fois que c’est oui, c’est non, c’est bizarre.
Cela dit, cette étape obligatoire par Kangding n’est pas déplaisante car la ville de Kangding est agréable, pas trop grande et cela permet de couper en deux le trajet. En plus, on en a profité pour manger une dernière fondue sichuanaise : c’est une grande marmite avec un bouillon aromatisé dans lequel on fait cuire les différents aliments qu’on a choisi auparavant – champignons, viandes, saucisses, salades, poissons, nouilles, etc…
Jeune cavalier tibétain
Le lendemain, on part pour Litang. Ce fut certainement le trajet le plus épuisant qu’on ait eu à faire depuis le début de notre voyage: 300 kms en 11 heures, pannes comprises, avec une route défoncée comme jamais. Par contre les paysages sont magnifiques: on passe plusieurs cols au-dessus de 4500 mètres dont le plus haut à 4718 mètres, on peut voir des maisons tibétaines splendides. Puis au bout du compte, on arrive dans la ville de Litang, à plus de 4000 mètres, éreintés et subissant pour la première fois les effets de l’altitude: on était déjà resté aussi haut auparavant mais on n’était jamais monté aussi vite.
Litang est une ville peuplée quasi-entièrement de tibétains. C’est une petite ville jolie qui n’a pas – encore – subie la modernisation urbanistique chinoise : de jolis maisons tibétaines en pierre, très massives, décorées.
Et, c’est le hasard, nous sommes arrivés à Litang pendant le festival. Au programme des festivités, chants et danses tibétains ainsi que concours équestres : le folklore tibétain et cette petite ambiance far-west qui nous avait déjà conquis. Il faut dire que les tibétains marient sans complexe costumes traditionnels et accoutrement de cow-boys. Le concours équestre a été un grand moment, les tibétains rivalisant d’adresse dans des épreuves comme le tir à l’arc sur une cible, ramassage d’objets au sol et acrobaties diverses, le tout au galop.
Festival équestre de Litang
Festival équestre de Litang
Enterrement céleste tibétain
Enfin, il est possible d’assister là -bas à un « enterrement céleste », un enterrement à la mode tibétaine. On nous en avait parlé et on a fini par aller voir ce que ça donnait. Nous sommes arrivés à la fin car on n’en avait pas fait un élément indispensable de notre voyage. « L’enterrement céleste » consiste à découper le corps des morts puis à le laisser en pâture aux vautours. Nous avons vu la fin de la cérémonie, les vautours ayant déjà mangé presque toute la chair et attendant les restes. Il ne restait plus que six personnes dont un homme protégé par des sacs en plastique en train de broyer les restes d’os au marteau tout en discutant et rigolant avec ses acolytes qui ramassaient les petits morceaux qui volaient dans une ambiance assez « Petits meurtres entre amis ». A la fin, ils ont laissé un tas de viande sur lequel se sont précipités une vingtaine de vautours. Et même si le bouddhisme n’attache aucune importance à la préservation du corps, le caractère public et décontracté de cet enterrement tibétain nous a laissés assez troublés.
Pour se remettre un peu de nos émotions, nous nous sommes promenés dans les rues de la ville et vers le monastère.
Monastère de Litang
waouh! vous ne chômez pas, vous! Je n’écris pas souvent, mais je vous suis de près et ça me fait du bien de voyager comme ça… vous serez bientôt au VietNam et après toute cette chine, je me demande quel regard vous porterez sur ce peuple… je vous embrasse, merci encore pour ces récits imagés, comme l’a dit l’autre Catherine qui vous écrit, c’est bien écrit, belles photos beaux films, bravo quoi, pourvu que vous teniez le rythme jusqu’en mars prochain!
Bises et bonne route!
Waw… c’est clair que vous chômez pas!! Continuez comme ça (en vous reposant quand même un petit peu), et continuez à faire partager tant que vous pouvez. Saloute!
Coucou,
ça fait longtemps… désolée, mais je vous suivais de près….
que de beaux paysages, vous nous faites toujours rêver, continuez…
je pense fort à vous, et à bientôt
domi
C’est vrai qu’on a l’impression que rien ne vas arrêter les chinois qui n’ont pas le « temps » d’attendre, mais leur en laisse-t-on le choix? et en même temps, taï-chi danses orchestrées qui demandent une autre perception et gestion de ce « même? » temps; je trouve les tibétain(e)s incroyablement beaux, peut-être leur texture de la peau liée à l’altitude, ou quelque chose de plus mystique ou libre? moi aussi l’enterrement céleste m’a quelque peu ébranlé et dérangé dans mon sommeil, malgré toutes mes affinités bouddhistes; le récit du voyage mélange tellement bien précision et humanité! Continuez car je trouve que c’est une grande qualité de pouvoir éloigner son regard pour voir de plus près.
j’adore la vidéo, elle est impressionnante!
Bises
Nous sommes un peu frustrés de n’avoir pas eu accès pour l’instant aux vidéos….Beautés féminines des tibétains, ne pas s’effrayer si de grandes « elles » les emportent après la mort Impressionnant d’avoir à y réfléchir. Le texte nous y invite; Je vous embrasse Cat h
Partis le 01 avril 2009
Revenus le 26 mars 2010
359 jours de voyage (+1 de décalage horaire)