Bonjour,
Nous sommes donc entrés, et avec grand plaisir, au Brésil. Nous avons vite rejoint Manaus, pas mécontents d’arriver dans une grande ville, vu que depuis un mois, on a un peu collectionné les petites villes et les villages.
Manaus est le grand carrefour amazonien. Ici, le bateau est roi avec pas moins de 5 fleuves qui convergent au coeur de la forêt : le Rio Mamoré-Madeira coule depuis la Bolivie (c’est notre fleuve préféré!), le Rio Solimões vient de la triple frontière avec le Pérou et la Colombie, le rio Négro de la Colombie, le Rio Branco du Vénézuéla et enfin, tous ces fleuves deviennent l’Amazone qui atteint l’Atlantique à Bélem. Et il n’y a qu’une seule route vers le nord, qui rejoint le Vénézuela, puisque la transamazonienne – au sud – est fermée depuis des années (inondée).
Nous avons donc pu, enfin, admirer un véritable port fluvial, avec des dizaine de bateaux de passagers, des horaires, des tarifs, des poissons, enfin, des vrais trucs quoi. Même si, pour vous donner une idée, il faut au moins 5 jours pour rejoindre Bélem ou une quelconque frontière en bateau. Parfois beaucoup plus. Par contre, point de vue pêche, ça donne bien.

Le port de Manaus

Le port de Manaus
C’est l’une des attractions des alentours de Manaus ; lorsque le Rio Solimões -qui est blanc- et le Rio Négro -noir!- se rencontrent, ils ne se mélangent pas et s’accompagnent sur 19 kilomètres car ils sont de compositions différentes, et n’ont pas le même débit ni la même température.

La rencontre des eaux

La rencontre des eaux
A quelques cents de kilomètres de Manaus, on peut entrer dans la véritable forêt primaire, c’est ce qui fait la grand particularité de la forêt amazonienne. Elle n’a jamais été défrichée, ni exploitée – il n’y en a presque plus en Europe mais la France, qui sait se placer, en a récupéré un gros morceau en Guyane -. Sinon, toutes les forets que nous connaissons sont des forêts secondaires, qui ont repoussé.

A la pêche au poisson-chat
Là , nous y sommes allés en bateau rapide, avec des copains touristes, vu qu’il n’y a pas de route et cette fois-ci, pas trop moyen de se débrouiller tout seul. Donc, on a eu des camarades – deux écossais en voyage de noce, un italien, et un couple de brésilien mais ils nous ont abandonné car ils ne voulaient « faire aucun effort physique, ni marcher ni ramer ». Lui, c’était un flic de São Paulo, avec un molosse la bave aux lèvres tatoué sur l’épaule. Il nous a claqué la bise en partant, parce qu’on est tous des frères et qu’on s’aime. On a aussi eu un guide, un pro de la jungle, Matéos, sorti d’une réserve de la frontière colombienne.
Dans la jungle, on peut faire des activités, l’objectif principal étant de voir des animaux, ce qui n’est pas très facile. On dort dans un hôtel sommaire dans la jungle et à partir de là , soit on se promène en canoë à moteur, soit on rame, soit on marche. En fin d’après-midi on peut aller à la pêche au piranhas et le soir, le guide va attraper un caïman à trente mètres du lodge -avec une étonnante facilité -. Et pour bien profiter de la forêt, on y passe une nuit, dans des hamacs. Ceux qui veulent peuvent se baigner dans l’eau trouble, activité qui rencontre un grand succès même s’il y a beaucoup de piranhas, sans compter que pendant la journée, les caïmans dorment au fond de l’eau.
A part ça, pas de moustique en cette saison, de la rigolade! Pour nous, l’enfer vert, ça restera donc le Rio Mamoré en Bolivie.

Caïman

Piranha

En canoë dans la jungle

Matéos à la pêche au filet
En fait, la forêt n’est accessible qu’en bateau et le canoë est le moyen de transport indispensable. Nous avons fait de la randonnée pour s’enfoncer dans la forêt mais ce que nous avons surtout vu c’est plutôt un fleuve – le Rio Juma- puis plein de bras ou d’affluents, qui forment un réseau très serré, tant et si bien qu’on a plutôt l’impression d’être dans un lac aussi immense qu’une mer où émergeraient des îles. D’autant que les eaux sont en train de monter ; elles ont déjà monté d’à peu près 5 mètres et elles vont encore monter de 10 mètres d’ici à juin. C’est-à -dire que beaucoup des arbres que nous avons vu seront alors sous les eaux, y compris des portions entières de forêts qui vont disparaître pendant quelques mois. Les terres qui resteront à sec seront parcourues de bras d’eau.

Bientôt engloutis

Forêt primaire

La forêt amazonienne
Là où se trouvait l’hôtel, il y avait quelques fermes et quelques hôtels. Nous étions à la limite d’une réserve indigène où seul les natifs « de cette réserve » ont le droit de venir s’établir et exploiter la terre. Il ne faut pas imaginer des indiens en pagne avec des os dans le nez, ce sont des indiens qui vivent dans la réserve et cultivent leurs terres, parlent le brésilien et envoient leurs gosses à l’école. A l’occasion, ils sortent de la réserve pour aller vendre deux ou trois trucs. Mais ils ont l’exclusivité des terres. Les autres indiens, ou métisses indiens, qui ne sont pas nés dans une réserve mais qui désirent s’établir agriculteurs, doivent acheter des terres en dehors des réserves (ou épouser une indienne de la réserve).
Or, aussi étrange que cela puisse paraître vu les étendues immenses que couvre l’Amazonie, il n’y a pas assez de terre. Les agriculteurs ne peuvent et ne veulent s’établir qu’au bord du fleuve, pour pouvoir se déplacer en bateau. Il est interdit de défricher à plus de 600 mètres du bord. Enfin, le fond du problème tient à l’acidité des terres : les paysans ne peuvent cultiver la terre qu’une seule année, lorsqu’elle est brûlée. Ensuite, il faut attendre des années que la végétation ait repoussé pour brûler de nouveau (selon leur dire et leur méthode de culture). D’où une grande consommation de terre et le défrichage intense de l’Amazonie. Nous avons rendu visite à des fermiers indiens pour discuter (c’est pas notre truc, de faire ça, mais c’était inclus dans les activités de jungle!) Et au beau milieu de la forêt, c’est bisbille entre les agriculteurs et certains riches propriétaires de lodge de jungle qui ont acheté des terrains et veulent préserver la forêt pour les touristes. Un peu surréaliste.
Enfin, il existe aussi des indiens « non acculturés » – ceux qui portent des étuis péniens -, cachés dans l’immensité de la forêt et qui ont fait le choix d’y rester. Il pourrait y en avoir à peu près 200 000 au Brésil.
On vous met des photos de maisons pour vous donner une idée : soit maison flottante, soit maison en haut du talus. Lorsque les eaux seront hautes, elles atteindront les pilotis.

Maison flottante

Maison en haut du talus
C’est fou la rencontre des eaux ! Et le petit caïman est tout mimi !
Ca à l’air d’être chouette tout ça.
PS : Christophe t’as une de ces barbasses ! :p
Impressionnante la rencontre des eaux!! J’aimerais bien voir ça…
Quand même, ça doit vous faire bizarre de voir des bateaux ^^
Bonne continuation.
Waooo!!!
Maintenant, je regarde votre site web du boulot et il est super rapide (contrairement aux cyber cafes ethiopiens!)
Vos photos sont magnifiques, vous avez bien fait de prendre 1 annee entiere off…
Le reveil a 6h30 est devenue dur… ne revenez pas trop vite!!!
Amusez vous bien dans la foret amazonienne et attention aux cannibals!
Et alors vous avez réussi à pêcher des trucs qui se mangent? Sinon sympa la maison flottante, j’aime bien le concept!
Bisous
Je maintiens : la luminosité de Sydney est incomparable !!! Chatouiller les animaux ravit Christophe!!! Que d’eaux, que d’ho! bises Cat h
bon ça va, je sais, on est déjà en février, mais bonne année quand même !!
zavez des photos de l’endroit précis où les 2 fleuves se rencontrent ?
bises, Ã +
@sly: ben disons que les photos qu’il y a dans l’article, c’est PRÉCISÉMENT l’endroit où les deux fleuves se rencontrent. Mais bonne année quand même.
Partis le 01 avril 2009
Revenus le 26 mars 2010
359 jours de voyage (+1 de décalage horaire)