Joyeux Noël et Bonne Année!
Nous avons occupé ces derniers jours à traverser un pays assez méconnu : le Paraguay. On a atterri à Asunción, d’où on a repris la route par voie de terre ; on arrête l’avion et on repart en bus, normalement jusqu’à la fin.

Le palais gouvernemental à Asunción
Le Paraguay, c’est un peu le pays oublié, au milieu de pays très attrayants, un tout petit pays avec un grand désert et auquel il manque les ruines d’une capitale inca à visiter à la queue leu-leu, des sommets andins à grimper, une population photogénique qui ne démord pas du poncho, une foret vierge avec des piranhas, ou des plages avec des femmes en string… Bref, il n’y a pas grand chose au Paraguay et donc pas grand monde, et on y est accueilli avec le sourire.
Et puis l’histoire a été assez rude pour le Paraguay qui enchaîne despote sur despote depuis son indépendance, avec des épisodes assez noirs comme cette envie de déclarer la guerre au Brésil, à l’Argentine et à l’Uruguay, tout ça d’un coup -1865, guerre de la Triple Alliance-, pour terminer avec une population réduite de moitié. Puis la guerre du Chaco -1932-, lorsque la Bolivie a plus ou moins essayé de rayer le Paraguay de la carte.
Aujourd’hui, la corruption et la contrebande font, parait-il, la réputation du pays mais on ne le savait pas puisqu’on avait jamais entendu parler de ce pays-là .
Le Paraguay étant un petit pays, il a une petite capitale plutôt morne voire complètement désertée le week-end. On ne sait pas s’il y a plus de vie pendant les mois plus frais mais en décembre, par un bon quarante, la population reste à l’ombre. On ne croise donc que les gardiens, postés à chaque cuadra, mais rien de plus que dans d’autres pays d’Amérique latine. De temps en temps, ce sont des militaires qui surveillent, avec kalachnikov et lunettes style Paco Rabanne. Beaucoup de paraguayens affectionnent de conduire derrière des vitres fumées et on croise bon nombre de voitures sans plaque. Sur les murs, à défaut de croiser du monde, on peut constater que les affiches protestent contre la corruption et les coups d’Etat. Bref, une petite ambiance pour une partie de « Junta », mais sans plus.

Pourvu qu'ils ne nous volent pas également Noël

Ton sucre, ta farine, tes biscuits TVA 10%, mon avion de luxe 0%

Le Rio Paraguay à Concepción
A Concepción, on se promène encore en charrette à cheval. Et on fait beaucoup de crèches. Le dernier visiteur illustre qui est passé à Concepción est le père Bosco, en voyage posthume.
Nous sommes allés jusqu’au port, au bord du Rio Paraguay où il n’y avait pas grand monde, vu qu’il faisait trop chaud pour faire quoi que ce soit. Il y avait un cargo en partance et des barques. Les paraguayens restaient sous les arbres à boire du téréré, maté glacé. Comme les argentins, ils se promènent constamment avec des thermos, mais autant les argentins cherchent à garder l’eau chaude, autant les paraguayens cherchent à la garder froide.
On a aussi compris pourquoi les paraguayens vendent une crème « double effet » permettant de lutter dans le même temps contre le soleil et les moustiques.

En charrette à Concepción

Une rue de Concepción

Les reliques de Don Bosco en tournée
La population est plutôt occupée à faire des crèches, parce que c’est bientôt Noël. Il y avait bien un sapin en plastique dans notre pension, « Made in China » comme nous l’a fait remarquer la patronne dans un soupir. Mais pourquoi pas, il doit y avoir autant de catholiques en Chine que de sapins naturels au Paraguay. Mais c’est pour ça que la population s’oriente manifestement plutôt sur la crèche, d’autant qu’on peut y mettre un peu tout ce qu’on veut, comme par exemple des gros champignons rouge tendance hallucinogène, des crapauds, ou un breton avec un cornemuse.

Crèche avec champis, crapauds et cornemuse

Vente de figurines pour la crèche et le jardin
L’autre occupation paraguayenne naturelle, c’est probablement le football, sachant qu’ils ne sont pas mauvais, pour un pays aussi petit et qu’ils tiennent tête à l’Argentine de temps en temps. On peut remarquer des petites télés installées aux coins des rues dans des boites de planches peintes en jaune. Ce sont des télés de secours pour chauffeurs de taxi en mal de match.
Et puis, si le monde ne vient pas au Paraguay, les paraguayens peuvent tout de même gagner des places pour partir voyager en Afrique du Sud et soutenir leur chère équipe nationale qualifiée pour la prochaine Coupe du Monde. L’affiche publicitaire est inspirée d’un tableau représentant Napoléon, non?

Chauffeur de taxi en mal de match

Rendez-vous en Afrique du Sud avec les 'albirojos'
C’est de Concepcion que nous sommes parti vers la Bolivie, via le Chaco.
La Chaco est une grande plaine, absolument plate, très verte et parfois marécageuse, avec de très jolis palmiers. Cette plaine occupe plus de la moitié du territoire paraguayen et y habite environ trois pour cent de la population, donc personne. Le long de la route, on croise les panneaux indiquant les estancias, et des campements très sommaires d’indiens.
Nous avons fait une étape au milieu du Chaco, dans la colonie mennonite de Filadelfia. Nous sommes arrivés sur les coups de quatorze heures, il faisait une chaleur insupportable. Nous nous sommes réfugiés dans un restaurant climatisé et comme il nous paraissait assez suicidaire de tenter une sortie, nous avons demandé à ce qu’on nous passe un film, qui était disponible, sur les mennonites et les colonies du Paraguay, sur une télé.
Les premières images semblait directement extraites d’un épisode de « La petite maison dans la prairie », avec des colons allemands mennonites débarquant de Sibérie, où ils étaient persécutés, sur des charrettes tirées par des bÅ“ufs, pour s’établir sur l’une des terres les plus « caliente » de la planète. S’ensuivait l’établissement de la colonie, puis la rencontre avec la population locale, des guaranis qui sortaient de huttes, à peu près nus. Puis on voyait les mennonites ouvrir une superette et un schéma représentant les tribus indiennes du Chaco paraguayen converger vers la-dite superette. S’étant développée, entre autre grâce à la main d’oeuvre indienne, certains mennonites ont ensuite quitté Filadelfia pour fonder d’autre colonie et on a pu voir une autre carte du Paraguay subitement constellée de colonies allemandes.
Et effectivement, il y a des allemands à Filadelfia, des vrais qui nous ont demandé « Sprechen Sie deutch? », mais pas tant que ça. Beaucoup sont probablement partis chercher fortune ailleurs (et peut-être aussi un meilleur climat). Par contre, il y avait beaucoup d’indiens mais c’est peut-être parce qu’ils étaient sortis du Chaco pour venir faire des courses de Noël dans la seule ville du coin (8000 habitants, à priori tout le monde va avoir le même cadeau).
Après le film, on a repris le bus pour rejoindre la Bolivie, en priant pour gagner quelques degrés de température en moins, et puis pour ne pas être coincés toute la durée des fêtes chez les mennonites pour cause d’annulation de bus.
Au cas ou vous ne le sauriez pas, il n’y a pas de restaurant à Santa Cruz, Bolivie, en tout cas pas le soir de Noël. Après avoir tourné dans le quartier on a finalement été content de trouver un snack et un lomito-frite pour le réveillon, avec une pina colada servie dans un verre à moutarde mais qu’importe le flacon tant qu’on est en voyage…
On espère que la dinde fut bonne, et que vous avez ouvert de bonnes bouteilles!!!
Et a cette occasion, nous faisons des bises a tout le monde, aux parents, aux amis des parents, aux amis, aux collègues de PSI2 et du SATE, et à Rachel.
Ohhh wow! C’est gentil d’avoir pensé à moi, vous auriez dû voir mes yeux quand j’ai vu mon nom ha!ha!
Eh bien oui on a bien mangé et nous avons ouvert de bonnes bouteilles mais j’aurais 100 fois aimé mieux être à votre place, en train de voyager et de découvrir plein de belles choses…et ce n’est pas que je n’aime pas ma famille…
Bon là , j’ai très hâte à votre prochain article car mon prochain gros voyage sera Pérou et Bolivie. J’ai hâte de lire vos commentaires sur la Bolivie.
Bonne continuation!
Bravo,vos méninges n’ont pas fondu, il s’agit bien de Napoléon-Bonaparte franchissant le pont d’Arcole peint par Gros mais la jeunesse efféminée et inspirée de l’ambitieux qui bat les autrichiens fait place sur votre affiche à un brun agressif qui regarde par en dessous. Le cheval (c’est lui qui doit fumer le gazon) garde toute son élégance. Le Paraguay semble être un décor d’opérette . Sur Arte il y a une émission sur les forêts humides……?Cela commence quand? 2010 ? pour vous.Bises+
J’adore les affiches ! Pour celle du cheval, c’est plutôt Bonaparte franchissant les Alpes, par David (à Arcole il était à pied…). J’ai souvenir d’un sacré resto à viande à Sante-Cruz, plutôt vers la ville moderne et le zoo : du grand art, avec des morceaux à l’argentine ! Dommage. Mais un lomito-frites pour le réveillon, ce n’est pas mal non plus.
A l’année prochaine !
Tous mes voeux pour 2010 !
Je vois que vous maintenez bon le cap…profitez bien de ces premiers mois de l’année pour achever en beauté votre world tour et des derniers mois de 2010 pour préparer le prochain…
On avait essayé de vous habituer aux fortes chaleurs mais vous êtes partis trop tôt du caillou…
Bises bises
Christophe
Ah le Paraguay, que de souvenirs… j’ai bien ri avec les affiches sur les murs. Si on veut être optimiste on peut y voir un signe que les choses progressent : il y a 25 ans ou même 10 ça n’aurait même pas été imaginable. Les dictatures d’opérette sont tout aussi mortelles que les vraies…
Partis le 01 avril 2009
Revenus le 26 mars 2010
359 jours de voyage (+1 de décalage horaire)